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Circulaire de rentrée 2010 : Le ministère repeint la façade tout en continuant de saper les fondations. Communiqué de Presse du SNES sur la circulaire de rentrée 2010

La circulaire de rentrée 2010 a été publiée au BOEN du 18 mars. Publiée sans concertation, véritable catalogue promotionnel de la politique éducative gouvernementale, elle mêle priorités parfois racoleuses mais toujours sans financement (séances de cinéma dans les lycées ) et provocations (formations des stagiaires, cadrage de l’autonomie des lycées) tout en continuant l’application d’une politique mortifère pour les enseignements (socle commun et son livret de compétences, création d’une application « livret personnel de compétences », enseignements d’exploration en seconde, centrage des réseaux ambitions réussites sur les contrats d’objectifs etc.). Rien n’est dit sur les moyens, les effectifs de classe, les difficultés d’exercice des métiers de l’éducation. En fait l’autonomie et l’initiative des établissements se résument au renvoi à l’impossible gestion des effets d’annonce ministériels, avec pour maître mot : débrouillez-vous localement avec toujours moins de moyens pour faire croire que tout va bien.

Le ministère vante la liberté pédagogique, l’autonomie, et la responsabilité des établissements, tout en prescrivant un amoncellement de tâches (parmi lesquelles l’animation culturelle des établissements, le soutien à la parentalité etc…), et partenariats (avec l’enseignement supérieur, les centres de culture scientifique et technique, les parents, les associations agrées, les fédérations sportives, les collectivités locales, les établissements à l’étranger, pour le développement durable, la sécurité routière, la culture notamment scientifique et technique, les TICE, contre la violence...).
Seules considérations sur le cœur de l’enseignement : réaffirmer les fondamentaux et l’autorité dans la classe. Mais on peut douter que la solution ne passe que par la distribution d’un DVD sur la « tenue de classe », le renforcement des règlements intérieurs ou un code de la vie scolaire, alors que sont occultées les causes sociales : poursuite de l’assouplissement de la carte scolaire accompagnée d’une politique de tri des élèves « méritants », renforcement de la politique sécuritaire tout en détruisant les conditions de travail dans la classe, gestion des flux par une orientation scolaire réduite à l’information et au transfert des missions des conseillers d’orientation psychologues sur les enseignants…

La distance sidérale entre l’affichage ministériel et la réalité des établissements conduit à des contradictions et affirmations scandaleuses.
Comment accepter que la circulaire de rentrée explique que « les enseignants stagiaires reçoivent une formation qui associe les apports complémentaires des universités, des corps d’inspection pédagogique des premier et second degrés et une première expérience professionnelle accompagnée avec l’aide d’un professeur tuteur. Cette année de stage revêt une importance cruciale » quand on connaît les conditions d’accueil des stagiaires à la rentrée 2010 ?
L’arrêté fixant les horaires de la nouvelle classe de seconde donne liberté aux établissements dans l’utilisation des 10H30 dévolues aux dédoublements et à l’accompagnement personnalisée, mais la circulaire de rentrée tente d’imposer qu’au moins 2 de ces heures soient consacrées à l’accompagnement personnalisé « pour éviter les dédoublements traditionnels », confirmant ainsi que l’autonomie n’est pas conçue pour redonner aux personnels la main sur leurs métiers !
La priorité donnée à l’apprentissage des langues vivantes accumule les clichés (organisation en groupes de compétences dans des horaires réduits à peau de chagrin qui seraient compensés par la généralisation des « baladeurs », le regroupement d’élèves de lycées généraux, technologiques et professionnels d’un même secteur.…) avec des recommandations difficile à mettre en œuvre pour tous en l’absence de financement (« favoriser la mobilité des élèves, sous forme de séjours ou périodes d’études effectués dans l’établissement étranger partenaire et validés dans le cursus scolaire. »)

Le SNES-FSU ne peut accepter cette politique et appelle les personnels à amplifier l’action contre la mise en ouvre des réformes et pour une autre politique éducative.
La journée de grève nationale et de manifestations du 23 mars est une occasion de montrer au ministre la détermination des personnels du second degré à obtenir le développement du service public d’éducation et en particulier dans le second degré.

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