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Un film d’Ivan I. Tverdovsky (Russie – Allemagne)

"Classe à part" Sortie en salles le 23 septembre 2015

Lena est une adolescente de quinze ans atteinte de myopathie. Elle ne se déplace qu’en fauteuil roulant et sa maladie l’a longtemps tenue éloignée d’un enseignement traditionnel.

Son état de santé le lui permettant, elle intègre avec enthousiasme et un immense désir d’apprendre une classe d’adaptation dans laquelle sont regroupés des garçons et des filles atteints de troubles physiques ou mentaux.

Lycéenne douée, elle constate très vite et le regrette, que l’enseignement dispensé par les professeurs soit nivelé par le bas et que les enseignants qui interviennent dans la classe manquent d’enthousiasme.

Très vite, elle s’intègre à la classe malgré sa composition hétéroclite et sa personnalité singulière passe très bien auprès de ses camarades.

Jusqu’au jour où elle entame avec Anton, une relation amoureuse.

Le bonheur que les deux adolescents affichent en toute innocence provoque très vite rancœurs, jalousie, moquerie et bientôt tous les élèves de la classe et certains adultes encadrants se révèlent sous leur jour le plus sombre vis-à-vis du jeune couple.

Cinéma : Classe à part

L’idée de départ du film d’Ivan I Tverdovsky est basée sur un roman d’Ekaterina Murashova, psychologue auprès d’enfants à Saint-Pétersbourg.

De fréquentes visites à des classes d’adaptation qui sont nombreuses en Russie, ont fait pencher le projet du côté du point de vue des adolescents au détriment de celui des adultes dont les silhouettes sont à peine esquissées mais suffisamment cependant pour montrer leur peu de motivation et les carences de leur pédagogie.

De ces visites dans les classes sensées remettre à niveau des enfants dont la scolarité a été chaotique et qui ont accumulé un retard scolaire, le réalisateur dont l’idée première était de réaliser un documentaire, a retenu le caractère à la fois quasi carcéral et laxiste.

L’absence de motivation des équipes pédagogiques vis-à-vis de programmes particuliers tient au fait que leur présence dans ces classes leur a été imposée.

Il en découle un enseignement nivelé par le bas, un manque d’autorité vis-à-vis de leurs élèves et du mépris pour les enfants.

Le film fonctionne à deux niveaux. Il est à la fois un documentaire qui restitue la réalité du fonctionnement des classes d’adaptation en Russie et l’histoire d’amour malheureuse née entre deux adolescents éprouvés par la vie.

Il en résulte une œuvre sincère, attachante mais d’une grande cruauté.

Francis Dubois

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