Les évaluations

Cnesco : trop indépendant ? Projet de loi "Pour une école dela confiance"

Le projet de loi pour une école de la confiance de J.-M. Blanquer propose de supprimer le Conseil national d’évaluation du système scolaire, qui a pourtant fait ses preuves.

Créé en 2013 par la loi de Refondation de l’école pour assurer une évaluation indépendante, le Cnesco est composé de scientifiques issus de champs disciplinaires variés, de parlementaires ainsi que de membres du Conseil économique, social et environnemental. « Il mène une évaluation scientifique et participative du système scolaire afin d’éclairer les divers acteurs de l’école et le grand public. Il met à disposition son expertise sur les méthodologies d’évaluation. Enfin, il promeut une culture d’évaluation en direction des professionnels de l’éducation et du grand public » (cnesco.fr). Avec la FSU, le SNES est membre de son comité consultatif, où il donne un avis sur les travaux en cours, dernièrement sur la conférence de comparaisons internationales sur l’éducation à l’orientation qui se tiendra les 8 et 9 novembre prochains à Paris.

Un Conseil d’évaluation de l’école ?
Le projet de loi prévoit de remplacer le Cnesco par un « Conseil d’évaluation de l’École » nommé et dirigé par le ministre. Il serait placé, selon l’exposé des motifs de la loi, « au cœur du ministère », faisant fi de l’indépendance, condition pourtant nécessaire à toute évaluation de qualité. Prévoir rue de Grenelle une nouvelle direction en charge des questions d’évaluation serait une bonne chose, mais cela ne nécessite pas la suppression du Cnesco, dont l’indépendance, l’assise sur la recherche universitaire et la transparence des travaux font la richesse. C’est le sens de la lettre ouverte que le SNES-FSU et de nombreuses autres organisations ont fait parvenir au ministre.
La volonté de supprimer le Cnesco ou de le transformer en agence universitaire au financement incertain est révélatrice une fois de plus d’une politique qui prétend s’appuyer sur des résultats scientifiques, mais qui dans la pratique se contente d’instrumentaliser les morceaux choisis qui lui conviennent. Le SNES-FSU demande le maintien d’un Cnesco sous son statut actuel.

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