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un film de Billy Corben (Etats-Unis)

"Cocaine cowboys" sortie en salles le 25 février

Dans les années 70 et 80, la paisible ville de Miami, cité idéale pour retraités, devient le théâtre d’un énorme commerce de cocaïne évalué à plus de 20 milliards de dollars.
La ville demeure pendant une vingtaine d’années, la capitale américaine du crime et de l’argent.
"Cocaïne cowboys" est une enquête énergique sur cet épisode qui toucha le sud de la Floride, sur les personnages qui avaient la main mise sur l’acheminement de la drogue et qu’on a appelés les Cocaïne cowboys.
Le film se présente comme un triptyque. Une première partie traite du trafic proprement dit, une seconde rend compte des sommes d’argent considérables générées par le trafic et les fortunes amassées par les trafiquants et une troisième partie fait part de la violence et de la peur qui se sont emparées de la ville au cours de cette période.
Le film s’est construit autour des trois figures les plus représentatives parmi les trafiquants de l’époque : Jon Roberts qui a importé aux Etats-Unis plus de deux milliards de dollars de cocaïne, Mickey Munday qui a transporté à bord de son avion plus de 10 tonnes de cocaïne de la Colombie aux Etats-Unis et Jorge Rivi Ayala, tueur à gages condamné à une peine de prison à perpétuité pour crimes commandités.
Roberts et Munday qui ont purgé leur peine sont aujourd’hui des hommes libres. L’un et l’autre prennent un évident plaisir à raconter leurs "exploits" pour lesquels ils se sont montrés particulièrement inventifs. Il y a encore dans leur façon de narrer les faits, une malice et une provocation qui semble associer au défi, une part de jeu.
Il témoignent face à la caméra comme si leurs récits avait une valeur historique, comme si leurs méthodes inventives, innovantes et spectaculaires devaient être reconnues comme révolutionnaires dans ce "commerce" auquel ils ont consacré une grande partie de leur vie.

Des témoignages de journalistes, d’avocats, de policiers s’ajoutent ainsi que des images d’archives de journaux télévisés de l’époque. Et puis il y a Jorge Rivi Ayala dont le propos témoignerait à lui seul de l’extrême violence qui avait cours. Rivi qui raconte avec froideur, sans apparente trace de remords, les "contrats" qu’il effectua pour sa patronne, "la reine de la cocaïne" Griselda Blanco, redoutable et intouchable diva, assoiffée de sang. Celle qui fut aussi appelée" la veuve noire"et qui atteignit des sommets d’une macabre célébrité quand, dans les années 80, elle déclara la guerre aux autres dealers.
Le rythme du montage de "Cocaïne Cowboys" et la musique de Jan Hammer donnent à ce documentaire de près de deux heures, des airs de fiction. Un montage nerveux, serré assomme dans le premier quart d’heure du film. Trop d’images disparates se succèdent à une vitesse étourdissante. Une musique trop présente ou trop insistante les accompagne. Mais au bout d’un moment, ce rythme nerveux et assourdissant produit une sorte d’apaisement relatif et second.
"Scarface" d’Oliver Stone avait traité cet épisode de l’histoire de la drogue, comme l’a fait la série télévisée "Miami vice". "Cocaïne cowboys" en tant que documentaire apporte un autre éclairage sur le sujet et lui donne, à force de révélations et d’images percutantes une dimension incomparable.
Francis Dubois

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