Observatoire des collèges

Collège : assouplissement, oui mais...

Le SNES-FSU demandait depuis des mois l’ouverture de discussions conduisant à l’abrogation de la réforme de 2016 au profit d’une autre réforme du collège. Un projet d’arrêté a été envoyé aux organisations siégeant au Conseil supérieur de l’Education (CSE) en prévision de la séance du 8 juin. Il répond en partie seulement aux attentes du SNES-FSU. En voici une première analyse.

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projet d’arrêté collège

Toutes les remontées de terrain le montrent : une immense fatigue des personnels travaillant dans les collèges cette année. Trop de pressions sur les nouveaux programmes, les nouveaux dispositifs - Accompagnement personnalisé (AP) et Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) - , les nouvelles modalités d’évaluation. Une réforme dès le départ bancale, inapplicable et rejetée par la majorité des personnels, qui ont néanmoins fait leur travail, au service des élèves. Un contexte autoritaire, de la suppression des bilangues et des euros, au mode de management quotidien. Des disciplines malmenées, comme les langues anciennes, les langues régionales, la technologie...

En l’état, le projet prévoit pour la rentrée 2017 :

- la suppression du carcan des EPI (remplacement possible par de l’AP, disparition des 8 thèmes devant être abordés par les élèves),
- le retour, sous la dénomination d’ « enseignements facultatifs », des Sixièmes bilangues, des classes euros, des anciens horaires pour les langues anciennes et les langues régionales en Quatrième et en Troisième.

Il n’en demeure pas moins qu’à ce stade de la discussion, la conduite des EPI est toujours conditionnée à « une démarche de projet conduisant à une réalisation concrète, individuelle ou collective », et que les grilles horaires font toujours apparaître 3h d’enseignements complémentaires en Sixième et 4h en cycle 4.

Le renvoi au local des arbitrages entre AP et EPI risque de renforcer les inégalités territoriales : 4h d’AP pour les uns, 4h d’interdisciplinarité pour les autres ?
L’ouverture décidée localement des enseignements facultatifs et leur financement sur la marge horaire de 3h va renforcer ces inégalités et engendrer des débats cornéliens : bilangue allemand ou petits groupes en maths en accompagnement personnalisé, par exemple ?
Le SNES-FSU demande une carte des enseignements facultatifs, qui donne pour les élèves de la cohérence à l’offre de formation sur les territoires et évite pour les personnels la mise en concurrence des disciplines et des collèges. Ces enseignements doivent être financés au-delà de la marge horaire des trois heures.

L’étau est donc desserré, mais cela ne doit pas faire illusion sur le fond : ce qui nous est proposé n’est rien d’autre qu’un pas supplémentaire vers davantage d’autonomie des établissements. Le SNES-FSU tiendra informé l’ensemble des personnels de son action en CSE.

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