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Un film d’ Hugo Gelin (France)

"Comme des frères" Sortie en salles le 21 novembre 2012

Avec Charlie, Boris, Élie et Maxime, le benjamin du quatuor, avaient un projet qui leur tenait à cœur : aller passer quelques jours dans la maison isolée que Charlie possédait en Corse, face à la mer.

Mais Charlie, tout juste trentenaire, a été emportée par la maladie.

Pour Boris, homme d’affaires accompli, autant que pour Élie, scénariste à la télévision, et Maxime, Charlie a été une vraie rencontre. Vraie et rare. Comme on n’en fait qu’une seule dans sa vie. Ou pas du tout.

Au nom de cet amour-amitié qui les a tous les trois liés à la jeune femme, il décident de faire le voyage jusqu’en Corse.

Le road-movie, les aléas du voyage, les moments de divergences, ceux de complicité, les moments de fous-rires et ceux d’émotion, on a vu ça souvent au cinéma, traité avec plus ou moins de bonheur.

Ici, Hugo Gelin fait preuve de beaucoup de talent pour construire l’épopée, enchaîner les séquences et laisser traîner, à l’arrière-plan d’une comédie débridée qui ne s’essouffle jamais, la nostalgie, la tristesse et le cheminement du deuil.

Il est assisté dans sa démarche par un quatuor de comédiens remarquables pour chacun desquels il a écrit une partition fine et singulière, évitant tout cliché.

François-Xavier Demaison est d’autant plus touchant qu’il est un Boris bougon pour ne pas dire ronchon et trouble-fête, cachant une nature sensible sous des couches de pudeur.

Nicolas Duvauchelle est un fonceur farceur, toujours à l’affût d’un bon mot, d’une boutade. Et chez lui, ces pirouettes sont autant de barrages à l’attendrissement.

Pierre Niney (mention spéciale) est un Maxime tout en interrogations sur le monde, encore tout empreint de la tendresse de l’adolescent qui n’est pas loin derrière.

Quant à Mélanie Thierry, elle irradie et nous prend’ d’autant plus à la vivacité de son jeu, qu’elle joue Charlie que la mort a emportée.

Le cinéma français qui jusque-là traînait un peu la patte pour réussir dans la comédie, semble depuis quelque temps, retrousser ses manches et s’y mettre.

Et c’est vrai qu’il dispose pour réussir dans ce genre de nouveaux jeunes comédiens pleins de vigueur et de talent. Aux précités, on peut ajouter Guillaumes Gouix, Arthur Dupont et quelques autres.

La particularité du film de Hugo Gelin est de savoir mener de front la drôlerie, voire le comique de sa narration avec un sujet qui est à prendre avec des pincettes, le deuil.

La charge dramatique du film promène une ombre permanente sur les aventures des trois amis, sans jamais peser.

C’est fait avec tant de subtilité, qu’on sort de la projection de ce film avec une lourdeur au cœur, indéfinissable. On est content d’avoir vu une comédie réussie, d’avoir ri, savouré un dialogue qui fait toujours mouche, mais il y a, à la traîne de cela, la mort toujours présente, servie par des retours sur le passé qui renvoient à la comédie.

Il faut aller voir ce film à la fois léger et grave et se réjouir de la performance jamais tapageuse des quatre comédiens.

Francis Dubois

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