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Un film de Marco Simon Puccioni (Italie-France)

"Comme le vent" Sortie en salles le 18 juin 2014

Amida Miserere est l’une des premières femmes directrices de prison en Italie. Régulièrement menacée, elle n’en garde pas moins le cap de ses exigences professionnelles : mener sa mission de main de maître tout en s’appliquant à faire respecter les droits des détenus.
A la fois forte et fragile, pugnace et sensible, elle rêve d’une vie familiale sans histoires.
Mais elle va voir sa vie basculer le jour où son compagnon, auprès duquel elle avait trouvé amour et sérénité, est assassiné par la mafia.
Désormais seule, elle décide de prendre la direction des prisons parmi les plus difficiles d’Italie sans renoncer à sa quête de vérité et de justice.

Le film de Simon Puccioni est inspiré d’une histoire vraie, celle d’Amida Miserere qui dirigea en dernier lieu, avant de se suicider, la prison de haute sécurité de Sulmona.
A travers le parcours professionnel et sentimental de la jeune femme se dessine une personnalité toute en contrastes.
Il n’y a guère de parenté entre la fonctionnaire intègre et inflexible et la personne intime fragile, sentimentale, extrêmement féminine et quelque peu fleur bleue.
Ce sont ces allées-venues entre les deux aspects du personnage et l’interprétation à "fleur de peau" de Valéria Golino qui font tout l’intérêt du film bien plus que sa construction compliquée qui entremêlent les différentes périodes de sa vie.

"Comme le vent" aurait sans doute gagné à être mis en scène d’une façon plus sobre. Les doubles séquences traitées en parallèle (l’assassinat d’Umberto en ouverture mené en alternance avec le footing d’Amida et la scène du suicide menée de pair avec la procession en ville) témoignent d’une application un peu trop démonstrative.
La musique souvent surabondante et redondante produit des envolées lyriques qui ne sont parfois pas loin de trahir la destination du film et l’espace de vérité du personnage.

Heureusement, Marco Simon Puccioni se garde de célébrer une vie héroïque et se contente le plus souvent d’enquêter sur la vie d’une femme ordinaire, forte et fragile à la fois, dont l’objectif fut de lutter pour une justice "juste".
Cela ne suffit pas pour faire de "Comme le vent" l’œuvre forte qu’il aurait pu être.
Francis Dubois

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