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Un film de Samuel Collardey (France)

"Comme un lion" Sortie en salles le 9 janvier 2013

Mitry vit avec sa grand’mère dans un village au Sénégal. Il a une passion, le foot qu’il pratique au quotidien en rêvant du Barça et de Chelsea.
Un recruteur le remarque et lui propose d’aller tenter sa chance en France. Mais, ne pouvant assurer seul la prise en charge du garçon, il demande à la grand’mère de participer aux frais que vont entraîner le voyage, l’hébergement et le séjour en France. Celle-ci vend son verger, et fait appel à la collectivité villageoise pour permettre à son petit-fils d’accéder, comme il lui a été promis, au rang de joueur professionnel.
Or, le recruteur était un escroc et une fois arrivé en France, Mitry se retrouve seul et démuni.
Mais le jeune garçon a comme atouts, son innocence et sa profonde détermination à atteindre son objectif.
Pris en charge par une assistante sociale, il est placé dans un foyer à Dijon. Là, il rencontre Serge, un entraîneur de club amateur, personnage blessé par la vie, un looser qui a raté une carrière de footballeur professionnel.

Samuel Collardey a été remarqué dès son premier film "Du soleil en hiver" en 2005 : un court métrage qui obtient de nombreuses distinctions dans plusieurs festivals, à Cannes le Grand Prix SACD, à Clermont-Ferrand, le Prix spécial du Jury, le Bayard d’Or à Namur etc.
Suit en 2008, "L’apprenti" couronné à la Mostra de Venise, au Festival de Namur avant d’obtenir le Prix Louis Delluc du meilleur premier film.
Samuel Collardey y traçait le même sillon, l’histoire du rapprochement jusqu’à l’amitié entre un adolescent souffrant de solitude ou d’un déficit d’affection avec un adulte, référent professionnel lui aussi tout autant isolé.
"Comme un lion" reprend le même sujet. Cette fois-ci, nous ne sommes plus comme dans ses deux précédents films en milieu rural, mais dans la grande ville, avec la rencontre entre un jeune africain victime d’un recruteur escroc, qui se retrouve seul et sans ressources et un quinquagénaire plongé dans la solitude après avoir raté sa vie professionnelle et être passé à côté de sa vie personnelle.
Ces deux éclopés de la vie, l’un bourré d’espoir, déterminé à réussir une carrière dans le football coûte que coûte et l’autre qui vivote et semble avoir baissé les bras pour ce qui est de rattraper ses échecs successifs, vont se rapprocher et unir leurs énergies pour forcer le destin et prendre une revanche sur l’existence.

Mitry, même s’il est fragilisé par les nombreux obstacles et les déceptions qui s’accumulent, est un battant. Et Samuel Collardey, comme s’il se devait de récompenser son jeune héros pour faire montre d’autant de volonté, de garder une confiance en la vie, a réservé à son histoire une fin heureuse.
Tout cela ne va pas sans un certain angélisme mais on pardonne aisément à un enchaînement (parfois trop) heureux des épisodes quand, derrière les émotions masquées par des couches de pudeur, se dessinent les vrais sentiments.
Marc Barbé est époustouflant. Il l’est juste jusque dans le moindre de ses regards, dans un geste qui lui échappe, dans un voile de découragement ou l’expression d’un souffle de plaisir.
Le jeune Mitry Attal l’est tout autant en garçon qui ne doute à aucun moment de sa bonne étoile.
Francis Dubois

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