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"Comme une étoile dans la nuit" un film de René Féret - sortie en salles le 3 décembre

Depuis "Histoire de Paul" en 1975 qui obtint le Prix Jean Vigo ou "La communion solennelle" qui fit partie de la sélection officielle au Festival de Cannes 1977, René Féret, authentique artisan de cinéma, a réalisé quatorze films le plus souvent largement salués par la critique comme ce fut le cas en 2006 avec "Il a suffi que maman s’en aille", qui valut au comédien Jean-François Stévenin de rappeler à tous qu’il est un grand bonhomme.
Le cinéma français compte ainsi une poignée de réalisateurs comme Jean-Pierre Améris Philippe Lloret ou René Féret, dont on reconnaît le talent au moment de la sortie de leurs films, qui retombent dans l’oubli ensuite jusqu’au suivant et qui constituent pourtant un vrai pôle de résistance de la création cinématographique française.
Et lorsqu’on demande à René Féret quelle place il occupe dans le cinéma français, il répond avec un humour qui masque sans doute un peu d’amertume : "J’ai peut-être un tabouret dans la petite cuisine du grand restaurant qu’est le cinéma."
Dernier représentant d’un cinéma artisanal, mais non moins professionnel, il ajoute à ses fonctions de réalisateur, de scénariste, de dialoguiste, celles de producteur et parfois de distributeur comme c’est la cas ici.

René Féret est un habitué des films autobiographiques et sa dernière réalisation "Comme une étoile dans la nuit" ne rompt pas avec la tradition. Cette fois-ci, il s’est inspiré de l’histoire qu’à vécu sa nièce, il y a quelques années. Une histoire qui, avant de se solder pas la mort du compagnon, aura été une victoire de la vie.
Alors qu’Anne et Marc viennent de décider de faire un enfant, on découvre que lui est atteint de la maladie de Hodgkin, une sorte de leucémie. Même si les médecins parlent de chance de guérison minime, le jeune couple a pris le parti d’un pari optimiste sur le mal.
"Comme une étoile dans la nuit » n’est pas un film sur la maladie. C’est l’histoire d’un amour qui se nourrit du danger et qui fait échec à la tristesse et à la peur de la mort.
Anne a vingt cinq ans, un profond désir de vie, d’amour et la maladie de Marc à laquelle elle fait face avec une force naturelle ne fait pas obstacle à son désir de vie et d’amour. Les moments de découragement des premiers temps s’espacent progressivement pour ne plus laisser place qu’à une force battante qui est à la fois génératrice d’un plaisir sans nuances et peut-être aussi le moyen de tenir le danger de mort à distance.
"Comme une étoile dans la nuit" est un film d’autant plus émouvant qu’il n’est jamais pleurnichard, jamais complaisant et qu’il écarte du chemin qu’il trace, un à un, tous les risques que sous-tendait le sujet. On ne lâche jamais la vie d’une semelle et en cela le film doit beaucoup à son interprète principale, Salomé Stévenin, dont chaque regard, chaque geste, chaque déplacement agit comme un barrage de volonté. Cette comédienne déjà remarquée dans "Mischka" et dans "Douches froides" est ici simplement magnifique.
"Comme une étoile dans la nuit" réunit tous les éléments d’un succès public. Une belle histoire émouvante et exemplaire non dépourvue d’humour, un casting magnifique, une belle photographie, une construction soutenue et intelligente.
Souhaitons que toutes ces qualités lui soient reconnues et qu’on se souvienne en attendant le prochain film, que le cinéma français compte un réalisateur de grand talent qui s’appelle René Féret.
Francis Dubois

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