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Un film d’Olivier Peyon (France)

"Comment j’ai détesté les maths" Sortie en salles le 13 novembre 2013.

Les maths, pour beaucoup d’entre nous, sont un mauvais souvenir, celui d’ une discipline rébarbative et on s’est souvent réfugié derrière une sorte de fatalité du renoncement et le fait qu’on "n’y comprenait rien".

On pourrait sourire de cette façon potache de baisser les bras face à "l’impossible", si les maths n’avaient pas pris une telle place dans notre société.

Apple, Google, Goldman Sachs ne sont plus qu’algorithmes et formules mathématiques.

A travers un voyage aux quatre coins du monde, avec les témoignages des plus grands représentants des mathématiques, "Comment j’ai détesté les maths" fait état du bouleversement que cette discipline a opéré sur notre monde pour le meilleur et parfois…le pire.

Le film d’Olivier Peyon se compose de deux parties distinctes : l’une qui illustre le titre, où il est question de l’enseignement et de l’apprentissage des maths, et qui s’adresse à tout le monde puisque chacun d’entre nous a été, au cours de sa scolarité, confronté à cette matière.

L’autre, plus resserrée, plus pointue, où l’on voit à la fois la pratique des mathématiques et leur emprise grandissante sur le monde contemporain.

Dans sa première partie, "Comment j’ai détesté les maths" fonctionne sur des clichés qui font écho à nos expériences. Pourquoi autant de gens se déclarent être (ou avoir été) nuls dans cette discipline qu’ils détestent (ou ont détestée) avec une sorte de fierté, un souci de revendication légitime ?

Pourquoi cette hostilité touche-t-elle cette matière et non pas la littérature ou l’histoire ?

Le cliché de cette première partie du film porte aussi sur l’image qu’on a du mathématicien, qui, comme le dit l’historien Jean Dhombres "ne voit dans le fromage que sa forme circulaire et non tout le reste".

Ou comme une sorte de professeur Nimbus démodé, portant vieux veston et nœud papillon et qui semble vivre dans un autre monde.

Image qui, à quelque chose près, rejoint celle du mathématicien Cédric Villani (voir photo), le médiatique lauréat de la médaille Fields, qu’on voit déambuler dans le hall d’un hôtel en chaussettes !

Passé la première partie, le film s’élève pour aborder un aspect des mathématiques plus méconnu du grand public, l’application de cette science à la technologie, la politique ou la finance.

Ce second épisode, beaucoup plus difficile d’accès, s’adresse plus spécifiquement à des spécialistes et se perd, pour le spectateur lambda, dans des considérations extrêmement techniques.

Cette partie du film abonde dans le sens de l’incompréhension qui a hanté les élèves égarés que certains de nous ont été, et s’éloigne de la réponse attendue à la question que pose le titre du film.

Les spécialistes et les amoureux des maths apprécieront sûrement.

Francis Dubois

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