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Un film d’Andrew Bujalski (Etats-Unis)

"Computer chess" Sortie en salles le 9 avril 2014.

Dans le début des années 80, au cours d’un week-end, de jeunes passionnés d’informatique s’opposent au cours d’un tournoi de programmes de jeux d’échecs.

Ils sont confrontés, parallèlement aux enjeux et aux rivalités qui sont de rigueur, à des problèmes relationnels à cause entre autres, d’une présence féminine unique dans le groupe.

Dans le local où se déroule le tournoi, se tient un séminaire de thérapie de couples new-age.

De ces activités voisines et contrastées, naîtra une situation plus qu’étrange.

Comment est né, au début du XXIème siècle, le mouvement "mumblecore" auquel on associe le travail d’Andrew Bujalski ?

De façon mystérieuse, peut-être à la suite de la blague d’un technicien qui a été relayée par un journaliste puis par d’autres et qui s’est répandue comme une traînée de poudre. Très vite, la portée du mot a été mondiale.

Mumble signifie marmonner et le Mumblecore est un mouvement qui est associé au nouveau cinéma indépendant américain (peut-être encore balbutiant).

Ce sont des productions fauchées sur des sujets qui concernent essentiellement des individus entre 20 et 30 ans, aux dialogues improvisés, et interprétées par des comédiens qui sont essentiellement des non-professionnels.

Lynn Shelton, Mark Duplass, Aaron Katz ou Barry Jenkins en sont les figures fortes avec Andrew Bujalski.

A l’époque où le cinéaste était enfant c’était les tout débuts de l’ère numérique. Mais même à l’état de balbutiement, les jeunes et très jeunes gens avaient déjà une fascination pour les ordinateurs.

Andrew Bujalski s’en est souvenu et il a voulu réaliser un film situé au début des années 80. La première contrainte qu’il s’est imposée à propos de la réalisation a été d’utiliser une petite caméra vidéo. A partir de là, il a imaginé le film qui ferait sens par rapport à ce choix et l’histoire qui conviendrait le mieux à ces images-là.

Il paraissait pour lui essentiel d’utiliser une technologie du passé pour parler des technologies du passé.

Le film d’Andrew Bujalski est-il une comédie qui serait matière à réflexion, un film à thèse qui serait une comédie ? Les informaticiens du film sont pour la plupart d’authentiques informaticiens ou possèdent au moins une petite connaissance dans le domaine. Certains sont enseignants-chercheurs ou concepteurs de jeux vidéo. A ces personnages sérieux, il oppose des personnages loufoques qui pratiquent une thérapie de groupe et qu’on pourrait aisément identifier comme appartenant à une secte.

Si le film se situe parfois dans une forme documentaire, il peut très vite s’en échapper et se confronter à des situations et des personnages cocasses. Et Andrew Bujalski peut s’amuser à opposer au monde des ordinateurs un monde qui se place en contraste à tous points de vue tant en âge qu’au point de vue des mentalités.

"Computer chess" est à voir comme une œuvre cinématographique atypique dont les audaces narratives seraient là pour faire évoluer le cinéma traditionnel.

Il se peut que ce film fasse figure de référence et devienne le fer de lance d’un mouvement qui

aura forcément une incidence sur des productions traditionnelles futures.

Francis Dubois

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