Budget 2020

Conditions de rentrée 2019 : la dégradation se poursuit.

Malgré l’annonce stratégique du renoncement à supprimer 50 000 emplois dans la fonction publique la politique d’austérité se poursuit et détériore le service public de l’Education nationale : 5250 suppressions d’emplois en deux rentrées, des réformes idéologiques et précipitées dégradent les conditions d’enseignement pour les élèves et les personnels (effectifs, réformes des programmes, achat de manuels, heures supplémentaires…).

Moins de profs, plus d’élèves.

A la rentrée 2018 Jean-Michel Blanquer prétendait supprimer 2600 emplois dans le second degré public « sans impact sur les moyens d’enseignement ». Il récidive cette année en dissimulant la masse des 2650 suppressions (votées par le parlement) par une augmentation du volume des heures sup équivalente à 2085 emplois. Le décret permettant d’imposer 2 HS aux enseignants sert bien à compenser la suppression d’emplois.

Le ministère affirmait créer 141 équivalents temps plein dans l’académie de Versailles, dans la vraie vie ce sont 43 emplois supprimés, +50 affichés à Bordeaux mais -67 en réalité et les prétendues 149 suppressions à Lille deviennent 287(a) !
La situation est d’autant plus violente que les effectifs du second degré vont augmenter à chaque rentrée scolaire entre 2019 et 2023.

En 2019, + 34 000. + 27800 en 2020 et + 30 000 en 2021 soit 90 000 élèves supplémentaires sur 3 ans.

A la rentrée la hausse se concentrera en 6ème (+ 10 800 élèves) et en 4ème (+19 300 élèves, génération 2006 la plus nombreuse depuis 1981).

Dans les lycées, la stabilisation est momentanée : -1600 mais hausse modérée dès 2020 (+ 5 000 élèves) avant l’explosion prévue en 2023.
Les décisions budgétaires font mal dans les établissements.
Les seuils d’ouverture de classe sont en augmentation. Dans l’académie de Toulouse, le nombre de divisions en lycée est calculé sur la base de 36 élèves par classe. Dans les collèges « ordinaires » de la Meuse ce sera 30 minimum (25 en REP).

L’école recule.

En Moselle, hors REP+, disparition totale cette année du critère " fragilité sociale" pour abonder les dotations. En Meuse, l’italien et le latin sont en voie de disparition. L’option latin a disparu dans 1/3 des collèges de Savoie.
Pour faire tourner la machine, le ministre a décidé de pressurer les personnels en leur imposant davantage d’heures supplémentaires au mépris de la charge de travail, de la fatigue et de la perte de sens professionnel (décret sur les 2 HSA non refusables). Dans le Tarn-et-Garonne le volume d’HSA en collège bondit de 20%.

Le SNES réclame l’abandon de la politique d’austérité budgétaire car le pays a besoin de réformes pédagogiques progressistes, c’est-à-dire ambitieuses pour tous ! Il faut de vrais pré-recrutements pour avoir les personnels suffisants pour les mener. Les politiques actuelles mènent à l’abandon scolaire des plus fragiles et à la délégitimation de l’Education Nationale pour mieux mener sa privatisation. C’est le projet des réactionnaires qui nous gouvernent.

(a)Chiffres réels provenant des sections académiques après les comités techniques académiques.

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Les chiffres de l’abandon de l’école.
5250 suppressions d’emplois dans le second degré public en 2 rentrées dont 2650 en 2019.
Effectifs élèves second degré : + 34 000 en cette rentrée, + 90 000 dans les 3 ans à venir.
Dépense intérieure d’éducation (DIE) : 6,7% du PIB en 2017 ; 7,7 en 1996.
A engagement constant le budget du ministère de l’Education nationale disposerait de 12 milliards de plus !

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