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Le coin du polar.

« Confession d’un tueur à gages » de Ma Xiaoquan Un vrai roman noir…chinois.

Renouveler le genre du roman noir n’est pas facile. Il faut savoir se servir de la tradition, la bousculer pour construire de nouvelles fondations. C’est le tour de force que réussit Ma Xiaoquan dans ce « Confession d’un tueur à gages ». Les réminiscences sont multiples pour les amateur(e)s de polar et de romans noirs. Il sublime ses influences en décrivant la Chine d’aujourd’hui, sa corruption mais aussi les échos encore actuels de la révolution culturelle, période troublée dont parle toute la littérature chinoise d’aujourd’hui.

Enfant qui se croit abandonné de ses parents – en fait, ils ont été fusillés, dénoncés par un amant jaloux -, livré au monde de cette jungle capitaliste urbaine, il ne trouve d’autres sources de revenus que devenir un outil de mort et de dévastation. Ce tortionnaire n’est pas antipathique. Il donne ses raisons. Elles ne sont pas irrationnelles. Dans le même mouvement, la Chine qui est décrite n’a rien à voir avec toutes les images d’Épinal qui traînent ici ou là. Les bandes organisées de rapines existent. Le chef peut même, à coups d’achats de voix dans un pays où la pauvreté est prégnante, devenir député du peuple et cadre du parti. Mais il ne faut pas s’attaquer aux bureaucrates locaux sauf lorsque le parti le décide.

La vengeance conduira Xiaolong – Petit Dragon – devant le poteau d’exécution…

J’avais raté ce livre lors de sa première parution aux éditions de l’Olivier, je me rattrape par cette réédition en Points Noirs. Un grand écrivain doublé d’un sociologue.

Nicolas Béniès.

« Confession d’un tueur à gages », Ma Xiaoquan, Points Noirs .

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