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Un film de Javier Fuentes-Leon (Pérou-Colombie-France-Allemagne)

"Contracorriente" Sortie le 23 novembre 2011

Miguel vit du produit de sa pêche. Avec Mariela, sa jeune femme qui attend leur premier enfant, ils vivent en harmonie, dans une maison modeste, face à la mer.

Capo Bianco, où ils habitent, est un petit village de la côte Nord du Pérou où sont fortement ancrées les traditions catholiques.

Or, mari attentionné et amoureux, Miguel n’en vit pas moins en secret une histoire d’amour avec Santiago, un jeune peintre énigmatique qui habite hors du village, une maison isolée.

  "Contracorriente" est le premier long métrage de Javier Fuentes-Leon, un ressortissant péruvien, émigré à Los Angeles pour y devenir réalisateur.

Un court métrage remarqué " Rooms" et l’écriture d’une pièce de théâtre "Mr Clouds" distinguée comme la meilleure œuvre dramatique du nouveau millénaire, l’aident à mettre le pied à l’étrier.

Ce passionné de cinéma, de musique et de politique réalise alors "Contracorriente" dans lequel il exprime sa vision personnelle de la virilité qui, de son point de vue, ne tient pas seulement à la force physique, au pouvoir, mais aussi aux valeurs de l’honneur, à la sensibilité, l’authenticité et le respect de soi.

Le film de Javier Fuentes-Leon ne joue pas sur les ressorts habituels de la discrimination et de l’homophobie.

Lorsque la relation qui liait les deux hommes est découverte par l’intermédiaire de nus représentant le corps de Miguel, Santiago a déjà disparu.

S’il continue d’apparaître au regard de Miguel, il reste invisible au regard des autres qui s’interrogent à peine sur son absence.

Lorsque le corps de Santiago sera repêché, sera-t-il, ainsi qu’il le souhaitait, inhumé selon la tradition locale et son corps rendu à la mer ? Ou bien, comme le souhaite sa famille, sera-t-il enterré dans son pays d’origine ?

C’est le courage dont fera preuve Miguel, guidé par les promesses faites à son amant qui le réhabiliteront vis-à-vis de la communauté villageoise hostile jusque-là au moindre écart de moralité.

Javier Fuentes-Leon traite avec beaucoup de pudeur et de sincérité un sujet que menaçaient de nombreux écueils. Le fait d’isoler dans une histoire parallèle la liaison des deux hommes et de donner à leurs élans l’un vers l’autre une force irrépressible portée par une belle pureté de sentiments n’a ici, plus rien de scabreux.

Le jeu des trois comédiens principaux, les paysages sauvages, l’atmosphère au ras d’un quotidien ordinaire confronté au fantastique, font de ce film une œuvre forte, délicate et utile.

 
Francis Dubois

 

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