DOSSIERS

Contribution de l’AG des retraités du SNES contribution à la can du snes et à la fsu

Contribution de l’AG des retraités du SNES

Ce texte a été rédigé à partir des débats auxquels ont participé 75 retraités du SNES lors de l’AG annuelle des retraités. Il fait suite au texte rédigé à partir des discussions entre les responsables académiques des retraités le 21 novembre dernier.

Nous espérons ainsi participer à l’effort commun de réflexion sur la situation actuelle.

L’AG annuelle des retraités du SNES réunie les 11 et 12 mars a débattu de la situation sociale et des mobilisations en cours. Elle a souhaité soumettre au SNES et à la fédération ses réflexions.

Justice sociale, urgence écologique, passons à l’offensive !

Nous vivons une situation sociale inédite, certes complexe, qui nous interpelle mais désormais ouverte et porteuse d’espoir.

Avec les GJ, ce sont les classes populaires qui ont réussi malgré les efforts de toutes les forces conservatrices et d’extrême droite, à mettre la question sociale au centre du débat public, à porter les principes de justice sociale et fiscale.
De leur côté, les jeunes se mobilisent pour le climat et interpellent avec vigueur les gouvernements et leur inaction, et toutes les générations qui les ont précédés.

Un temps désarçonné, affaibli, Macron répond par la répression et tente bien évidemment de rebondir. Il maintient son cap avec deux « réformes structurelles » majeures : le dynamitage du statut de la Fonction Publique et une véritable « révolution » de notre système de retraites.

Au nom du dogme de la baisse des dépenses publiques, du remboursement de la dette, son l’objectif est celui d’une destruction de L’État social, en bouleversant les processus de son financement.

La retraite systémique, par points, voulue par Macron impacte toutes les générations : les actifs, les futurs actifs (les jeunes), et les actuels retraités. Elle aura des conséquences redoutables pour les fonctionnaires. Les retraites actuelles seront à l’évidence soumises aux nouvelles formes de désindexations, selon la norme du « pilotage automatique » pour tous, ce rêve néolibéral destiné à entraver le débat politique et la démocratie. Les pensions de réversion sont menacées directement.

La loi sur la perte d’autonomie n’est pas réservée aux seniors. La perte d’autonomie implique la plupart du temps de lourdes et difficiles prises en charge de toute la famille. Le handicap impacte toutes les générations.

Loin de répondre aux besoins, la loi Santé, prescrite par ordonnances, accentue la privatisation du système de santé.

Macron veut bouleverser le système scolaire et universitaire avec un projet qui tourne le dos à la démocratisation, s’attaque à l’École comme institution de la République et instaure la concurrence comme principe éducatif afin de mieux répondre aux critères de l’employabilité.

L’urgence sociale et l’urgence climatique concernent toutes les générations, mais contre le réchauffement climatique, manquent la volonté politique et les financements.

En ce printemps où s’annoncent de nombreuses mobilisations, le syndicalisme doit aussi organiser la bataille de l’opinion, non seulement sur le Service public et la FP, sur la retraite (comme un droit acquis par le salaire et, comme salaire continué pour la FPE) mais aussi sur les financements publics dans leur double dimension. D’une part, celle de l’impôt et de la justice fiscale, en revenant au concept de « contribution commune » de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et d’autre part, celle de la Sécurité sociale.

La « révolution » Macron veut réduire drastiquement les financements publics, mais aussi transformer tous les droits en allocations dévalorisées et mises sous condition de ressources : ce serait le mince filet de protection des systèmes anglo-saxons, où les moins pauvres payent pour les plus pauvres. Cette politique est destinée à favoriser le développement d’assurances privées par nature inégalitaire. Elle crée ainsi un espace convoité également par le mouvement mutualiste.

Reprendre l’offensive nécessite à la fois de revenir à quelques fondamentaux, en se réappropriant les mots pour leur redonner leur sens progressiste, et d’unifier entre elles non seulement les différentes générations mais aussi les classes populaires et les couches moyennes.

Cela passe aussi par une lutte contre toutes les discriminations, contre le racisme, l’antisémitisme, et pour une politique migratoire digne.

Le temps n’est plus au repli. La FSU et le syndicalisme doivent construire en lien avec les mouvements sociaux (Gilets jaunes, climat, jeunes, femmes,...) et avec d’autres forces associatives ( Attac, Copernic, associations écologistes, citoyennes, Convergence nationale des collectifs de défense et développement des services publics .....), des perspectives alternatives de progrès social en relation avec la nécessaire et urgente transition écologique à mettre en œuvre.

Le syndicalisme doit jouer un rôle de catalyseur pour ouvrir de nouveaux chemins d’émancipation.

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