Modifications statutaires

Contributions

Date de publicationNom et prénom de la contributrice ou du contributeurQualitéTitre de la contribution
03/02/2018 Boulonne Karine Unité et Action, Secrétaire académique du SNES-FSU de Lille Pourquoi je voterai non à la proposition de modification de l’article 5bis
13/02/2018 Sarrasin Aurélia et Lacroix Jacques Unité et Action Conforter la place des femmes dans les instances du SNES, pourquoi faut-il modifier les statuts ?
14/02/2018 Rosset Ludivine et Vénétitay Sophie Unité et Action, secrétaires académiques du SNES FSU de Lyon et de Versailles La proportionnalité, une fausse bonne idée

Pourquoi je voterai non à la proposition de modification de l’article 5bis

Boulonne Karine/ Unité et Action, Secrétaire académique du SNES-FSU de Lille

« Le syndicat s’attache à favoriser la présence des femmes (...) pour tendre vers une représentation (...) proportionnelle à la répartition femmes/hommes des adhérent-e-s ».

Cette proposition qui remplace la formulation précédente « ... tendre vers la parité », est surprenante à plus d’un titre :

- d’abord car elle sous-entend que le SNES-FSU freinait jusqu’ici la présence des femmes en son sein ;

- elle pourrait aussi jeter le discrédit sur les futures militantes qui seraient mises sur les listes non pas pour leurs compétences mais parce qu’il fallait atteindre un quota. Au passage, espérons que le SNUPDEN-FSU au corps très majoritairement masculin n’adoptera pas la même proposition de modification statutaire, il s’agirait d’une régression forte pour les femmes chefs d’établissement ! 

- Ensuite parce qu’elle avalise les nouvelles règles que nous impose le ministère pour la constitution de nos listes aux élections professionnelles en fixant des quotas de candidats par genre : serions-nous pour ces règles contraignantes, discriminantes et intrusives, ce qui expliquerait le peu de réactions quand nous avons découvert le décret en juillet ?

- Pourquoi s’arrêter là ? Poursuivons le raisonnement à l’extrême, à l’absurde : à quand une proportionnalité par corps (il y a beaucoup d’agrégés dans nos instances et chez les secrétaires généraux, non ?), par type d’établissement (il y a beaucoup de profs en lycée dans nos instances, non ?), par discipline (il y a beaucoup de profs de maths et d’histoire-géo dans nos instances, non ?) et par âge ?

- Enfin, parce qu’elle va à l’encontre de la liberté et des valeurs que nous portons : au même titre que nous revendiquons la liberté pédagogique, revendiquons la liberté syndicale, celle d’intégrer un-e militant-e non pas parce que c’est une femme ou un homme, mais parce que nous pensons qu’il pourra consacrer du temps et développer des compétences au service des personnels et du SNES-FSU !

Si le SNES-FSU souhaite vraiment favoriser la présence des femmes dans ses instances (et des militant-e-s dans leur ensemble d’ailleurs), il faut des actes et non des modifications statutaires parfois seulement valables sur le papier (le S3 de Lille a subi il y a quelques années la modification de l’article 12 qui nous est proposée cette année, avant donc qu’elle ne soit votée ou même proposée !).
Cela passe par exemple par la fin des réunions d’instances qui se déroulent le mercredi ou en soirée : pourquoi n’est-il pas possible de tenir un conseil ou un stage national un lundi-mardi ou un jeudi-vendredi ? Il faut aussi introduire davantage de souplesse dans notre fonctionnement et nos directions. Et la perspective nouvelle de mandats syndicaux où l’on nous demandera de nous engager sur 3 ans ne va pas dans ce sens.

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Conforter la place des femmes dans les instances du SNES, pourquoi faut-il modifier les statuts ?

Sarrasin Aurélia Lacroix Jacques/ Unité et Action

Les femmes constituaient un peu plus de 63 % des adhérent-e-s du SNES à la fin de l’exercice 2016-2017.
Si leur représentation dans les instances progresse de mandat en mandat, il faut donner un coup d’accélérateur à cette évolution.
Imposer une représentation proportionnelle dans les candidatures, comme l’état l’a fait pour les prochaines élections professionnelles, ne nous semble pas de nature suffisante à garantir leur présence effective dans les élu-e-s, il est possible d’avoir une liste de candidat-e-s tout à fait raisonnable de ce point de vue, mais des élu-e-s qui seront surtout des élus.
C’est pourquoi le projet de modification statutaire de l’article 5 bis porte sur les élu-e-s dans nos instances comportant titulaires et suppléant-e-s, suppléant-e-s qui sont convoqué-e-s dans les mêmes conditions que les titulaires. Combinée à la modification de l’article 12 portant sur la désignation des élu-e-s de la CA nationale, parlement du SNES, cette modification des statuts montrera que le SNES-FSU n’est pas à l’écart d’un mouvement de fond dont on peut regretter qu’il passe par la contrainte, mais mouvement qui fait que la place des femmes dans toutes les composantes de la société ne peut plus être minorée, que leur parole doit être entendue.
Pour autant, il n’est pas question de remplacer une hégémonie par une forme de ségrégation qui ferait que porter les intérêts et les aspirations des femmes devienne l’apanage des seules femmes, avec la réciproque pour les hommes. Il s’agit que, là où les décisions se prennent, dans les délibératifs, la même sempiternelle domination numérique disparaisse.
Le souci de la place des courants de pensée minoritaires et de la difficulté à satisfaire à des contraintes sur de petits nombre de représentants explique les aménagements qui accompagnent ces dispositions que nous vous demandons d’approuver largement, une majorité des deux tiers étant requise au congrès.

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La proportionnalité, une fausse bonne idée

Rosset Ludivine et Vénétitay Sophie/ Unité et Action, Secrétaires académiques du SNES-FSU de Lyon et de Versailles

Nous sommes en profond désaccord avec l’esprit de la proposition de modification de l’article 5bis, et inquiètes sur ses conséquences pour notre organisation.
S’imposer la proportionnalité est pour le moins paradoxal quand on sait que, dans l’absolu, il ne s’agit pas de l’outil le plus pertinent pour faire avancer la représentation des femmes, puisqu’il faut pour cela que les femmes soient déjà majoritaires dans le champ concerné par cette mesure ! Si les hommes sont majoritaires, alors la proportionnalité devient un outil qui renforce les inégalités existantes. Par ailleurs, nous alertons sur les conséquences d’une telle mesure au sein de notre appareil militant : s’imposer une telle mesure contraignante va nous obliger à refuser certaines candidatures masculines, au seul motif que ce sont des hommes, alors qu’au même titre que les femmes, ils sont investis dans les activités militantes de notre organisation. Nous touchons là au problème principal que pose la proportionnalité : il réduit les militants à leur genre. C’est pour le moins réducteur, voire insultant, et injuste.
Il y a en arrière-plan une idée insidieuse qu’il nous faut combattre, l’idée selon laquelle on ne pourrait être « bien » représenté que par un « semblable ». Un collègue se syndique-t-il au SNES-FSU parce que ses directions nationales, académiques ou départementales sont à l’image de la profession ? Non, il se syndique, il milite, parce qu’il trouve un outil de défense collective et individuelle efficace, dans lequel il a trouvé sa place avant tout en tant que personnel du 2d degré, et non pas en tant qu’homme ou femme.

Nous avons alerté très tôt sur les problèmes qui vont être posés au SNES et à la FSU par la mise en place de la proportionnalité aux élections professionnelles et nous pensons que notre organisation n’a rien à gagner à reproduire ces problèmes à l’occasion de ses élections internes.

Bien évidemment, le SNES-FSU ne peut s’épargner une réflexion sur la place des femmes en son sein. Plutôt que de s’imposer des règles artificielles et problématiques, faisons le bilan de la place des femmes parmi les syndiqués, parmi les directions, à quelque niveau que ce soit. Faisons également le bilan des décharges et de leur distribution hommes/femmes, ce qui peut être un bon indicateur des inégalités existantes. Interrogeons-nous sur certaines de nos pratiques militantes : horaires et jour des réunions, équilibre des prises de parole dans les réunions, thèmes des sujets traités par les uns et les autres, dont la répartition est parfois révélatrice de certaines représentations dans l’imaginaire collectif...Ces réflexions nous seront certainement plus utiles qu’une modification statutaire qui ne permettra pas de traiter le fond de cette question.

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