Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Yann le Quellec (France)

« Cornélius, le meunier hurlant » Sortie en salles le 2 mai 2018.

Un beau jour, les habitants d’un village perdu du bout du monde voient s’installer un mystérieux visiteur sur le plateau qui domine la vallée,

Il porte comme nom Cornélius Bloom, vient de nulle part et se lance dans la construction d’un moulin sous le regard plus ou moins bienveillants des autochtones.

S’il finit par être accueilli pour les services qu’il s’apprête à rendre au village, on note très vite un grave inconvénient à sa présence : toutes les nuits, le meunier hurle à la lune et ses cris répétés empêchent les villageois de dormir.

Dès lors, ces derniers n’ont plus qu’un idée en tête : se débarrasser du hurleur noctambule.

Mais Cornéluis, soutenu par la belle Carmen, est prêt à tout pour défendre son moulin, sa liberté et son histoire d’amour naissante.

Cinéma : Cornelius

Pour son premier long métrage, Yann Le Quellec qui avait réussi un sans-faute avec ses courts, n’a pas choisi la facilité en adaptant « Le meunier hurlant » de l’écrivain finlandais Arto Passilinna dont l’univers grinçant et burlesque obéit aux codes du conte. Il fallait gérer la naïveté du personnage qui se heurte sans arrêt à la norme, à un monde désenchanté, à des villageois dont aucun n’échappe à l’archétype en obéissant au catalogue attendu, souligné par une distribution de comédiens qui ont tous « la gueule de l’emploi ». Les personnages de l’épicier Cazagnol amoureux de Carmen, ceux des deux policiers Torpido et Pormino appartiennent à la farce.

Il est probable que Yann Le Quellec ait voulu donner aux situations où est plongé son personnage de Cornélius, un écho à l’actualité, reprendre avec le conte, sous une forme nouvelle mais risquée, les sujets de la peur de l’étranger, du rejet de ce qui est mal connu, du repli pour chacun dans ses habitudes et son confort. Mais le conte, tel qu’il est abordé là, qui veut à la fois coller au réel et risquer des incursions du côté du fantastique, rate sa cible.

Cornélius est tiraillé entre l’expression de sa singularité individuelle et la norme sociale représentée

par les villageois sensés, avec tous les dangers qui s’en suivent, incarner le bon sens populaire.

Le ton décalé qu’adopte le réalisateur, certaines audaces de mise en scène, ne suffisent pas à rendre la poésie du récit et ce n’est pas le personnage de Cornélius, maladroitement interprété par Bonaventure Gacon, artiste circassien, Gustave Kerven sanglé dans un rôle trop attendu ou Anaïs Demoustier (habituellement si convaincante quel que soit l’emploi) qui donnent corps au film et quelque dimension que ce soit à leurs personnages.

C’est un peu comme si Yann Le Quellec avait dès le départ pris le chemin sous un mauvais angle et qu’au bout du compte, il se retrouvait nulle part, en tous cas certainement pas où il aurait fallu aller.

La démarche était ambitieuse, Les paysages sont superbes. Le cirque de Navacelles évoque le Colorado des westerns.

Luc Moulet, quand il tournait « Une aventure de Billy le Kid  » dans les Roubines, jouait avec l’inconscient cinéphilique du spectateur ; ce n’est pas le cas pour Yann La Quellec....

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Sorry we missed you »
    Ricky est un bosseur. Il est motivé par le souci d’apporter le meilleur confort possible à sa famille, sa femme aide-à-domicile dévouée aux personnes âgées qu’elle assiste et ses deux enfants, la sage et... Lire la suite (21 octobre)
  • « 5 est le numéro parfait »
    Pepino lo Cicero est un homme vieillissant. Ex tueur à gages de la Camorra, il a passé le relais à son fils qui gravit les échelons du crime organisé. Mais le jeune homme est froidement assassiné au... Lire la suite (20 octobre)
  • « Au bout du monde »
    Yoko, une très jeune femme, est reporter pour une émission de télévision très populaire au Japon. Ses recherches, en vue de prochaines tournages, l’amènent en Ouzbekistan où elle ne trouve pas de... Lire la suite (19 octobre)
  • « La bonne réputation »
    Sofia appartient à la haute bourgeoisie locale. En ce début des années 80, elle mène une vie de luxe et d’oisiveté et ne se préoccupe que de futilités. Les échanges superficiels avec ses amies tout aussi... Lire la suite (15 octobre)
  • « L’angle mort »
    Bébé déjà, Dominick disparaissait mystérieusement de la vue de ses proches. Adulte, le pouvoir de se rendre invisible existe toujours mais il ne s’en sert pas beaucoup. Pire, il a fait de son pouvoir... Lire la suite (14 octobre)