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Un film documentaire de Laurence Petit-Jouvet (France-Mali)

"Correspondances" Sortie en salles le 2 mars 2011

L’idée de départ était, dans le cadre d’ateliers de création audiovisuelle, de donner à des femmes maliennes de Montreuil en Seine Saint Denis, de Bamako et de Kayes au Mali, la possibilité de réaliser des "lettres filmées"
Les lettres pouvaient être adressées à une personne de leur choix, vivante, disparue ou imaginaire. Chacune a eu le choix du sujet sur lequel elle souhaitait s’exprimer. Il s’agit le plus souvent de son travail, des conditions de vie et de ce qui est important pour elle.
Le film est constitué d’une série de courts métrages dans lesquels il est question, à distance, des joies, dans passions, des frustrations et de la force de ces femmes déterminées.

Toutes se sont emparées de la proposition pour puiser dans leur histoire et s’autoriser à dire ici, ce qu’elles n’avait pour certaines d’entre elles, jamais oser exprimer.
Le film échappe à toutes les images attendues qui auraient réduit ces femmes à des "femmes africaines" ou à de simples sujets de société.
Le film de Laurence Petit-Jouvet donne la parole à une grande diversité de femmes. Les profils des participantes sont volontairement contrastés.
Il y a celles qui n’ont pas choisi de venir en France dans les années 70, leurs filles et leurs petites filles qui, elles, y sont nées. Celles qui, au contraire, ont choisi de venir vivre dans notre pays.
Sorifin est femme de ménage dans des bureaux. Ses journées commencent très tôt le matin et finissent très tard, le soir. Oumy, cadre supérieur diplômée, intégrée à la jeune génération, est confrontée à la discrimination dans les entreprises françaises à cause de la couleur de sa peau.
A Bamako, les participantes sont souvent de jeunes femmes qui possèdent un certain niveau d’instruction. A Kayes, au contraire, il s’agit de femmes plus âgées appartenant à des classes sociales plus modestes.
Toutes ces femmes sont coauteurs du film. Leurs récits, leurs mots sont respectés à la lettre et c’est ce choix qui donne sa spécificité au film.
Le travail de Laurence Petit-Jouvet et de ses collaborateurs a été de faire des ces lettres éclatées, une forme définitive cohérente et de rendre, par un dialogue fluide, une touchante authenticité à cette expérience transcontinentale et multiforme.
Le film a été diffusé ou le sera sur les télévisions publiques du Mali, Sénégal, Bénin, Burkina Faso, Niger, Cameroun, Burundi, Côte d’Ivoire. Le "Cinéma Numérique Ambulant" va le projeter dans les villes et les campagnes d’Afrique de l’Ouest. Des motards projectionnistes d’une ONG vont sillonner les quartiers de Bamako et Dakar avec "Correspondances" qu’ils projetteront dans des préaux d’écoles, sur des marchés, dans des salles de fortune…
Ne laissons pas passer inaperçu, ce film qui parle de nous tous, qu’on soit malien, français ou d’ailleurs…
Francis Dubois

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