Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Jung et Laurent Boileau (France-Belgique)

"Couleur de peau : Miel" Sortie le 6 juin 2012

Jung compte parmi les 200 000 enfants coréens disséminés à travers le monde depuis la fin de la guerre de Corée.

Né en 1965, il est adopté par une famille belge en 1971.

La bande dessinée qu’il publie aux Editions Quadrants/Soleil qui a inspiré le film réalisé en collaboration avec Laurent Boileau, revient sur quelques moments clés de sa vie.

L’orphelinat, l’arrivée en Belgique dans sa nouvelle famille, les années d’une adolescence difficile ainsi que tous les événements qui l’ont amené à accepter ses mixités.

Le film aborde un panel de thèmes plus vaste comme le déracinement, la quête d’une identité, l’intégration, l’amour maternel ou les problèmes que pose une famille recomposée et métissée.

Réalisé dans un habile mélange d’images réelles et dessinées, entre présent et souvenirs, " Couleur de peau, miel" mêle poésie, humour et émotion.

 La séparation fait partie de l’histoire de la Corée. Il y a eu la partition entre la Corée du Nord et la Corée du Sud et, auparavant, l’occupation japonaise pendant trois décennies, la souffrance d’un peuple vivant avec la douleur de la rupture.

L’histoire de Jung est représentative de celle de la Corée. L’abandon, l’orphelinat, le déracinement, ces épreuves qu’il traverse avant de se retrouver au milieu d’une famille accueillante et aimante, peuvent s’assimiler aux épreuves qu’a connues le pays, à l’histoire collective d’un peuple divisé, séparé par une ligne de démarcation depuis 1953.

D’un point de vue dramaturgique, l’adoption est un élément perturbateur. Tout reste à faire. Les liens restent à tisser entre les enfants mais également entre les enfants et les parents. La place de chacun est à redéfinir, un nouvel équilibre doit être trouvé, tout comme dans une famille recomposée classique.

Afin de ne pas se limiter à la simple transcription cinématographique de la bande dessinée d’origine, Yung et Laurent Boileau ont intégré au récit dessiné une réflexion au présent du personnage, avec à certains moments du film, la participation physique et actuelle du personnage de Yung.

Animation (2D et 3D), dessins, prises de vue réelles, archives historiques et familiales composent le film et lui apportent un caractère narratif indéfinissable, parfois troublant, entre documentaire, récit miroir et film autobiographique.

C’est ainsi que pour une meilleure limpidité de la continuité, se greffent sur le récit au premier degré, des souvenirs de Jung, des séquences oniriques ou des réflexions intérieures du personnage, un choix de couleurs radical et une palette restreinte qui éclairent sur la dualité omniprésente dans le film : mère adoptive et biologique, Belgique et Corée, enfant et adulte.

L’ocre couleur de miel accompagne les séquences joyeuses tandis que le gris bleu est utilisé pour les moments de difficulté ou de tension.

Riche de ses particularités esthétiques, "Couleur de peau, miel" est un récit autobiographique qui explore des terres nouvelles.

 

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Lola vers la mer »
    Lorsque Lola, jeune fille transgenre de dix huit ans est sur le point de se faire opérer, que la phase finale de sa transformation est imminente, sa mère qui l’avait toujours soutenue dans sa... Lire la suite (7 décembre)
  • « Les envoûtés »
    La directrice du magazine où Coline n’a jusque là écrit que sur des romans récemment parus lui propose de se charger de la rubrique « Le récit du mois ». Pour cela, elle doit rejoindre dans la maison au... Lire la suite (7 décembre)
  • « Un été à Changsha »
    Dans l’été caniculaire de Changsha, ville située au cœur de la Chine, l’inspecteur Bin enquête sur une drôle d’histoire, la disparition d’un jeune homme dont on a retrouvé le bras sur les bords de la... Lire la suite (3 décembre)
  • « Seules les bêtes »
    Un femme disparaît mystérieusement. Sa voiture est retrouvée abandonnée au bord de la route de montagnes qui conduit à quelques fermes isolées du Causse. Alors que la gendarmerie tente de retrouver... Lire la suite (2 décembre)
  • « It must be heaven »
    Elia Suleiman fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil avant de réaliser que son pays d’origine le suit comme une ombre. La France d’abord, lui offre le spectacle d’un Paris... Lire la suite (2 décembre)