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Un film de José Ascala (France)

"Coup d’éclat" Sortie en salles le 27 avril 2011

Fabienne Bourrier est capitaine de Police à Sète et sa mission consiste essentiellement à traquer les sans-papiers et autres clandestins.
Engagée dans sa routine professionnelle, elle ne se pose aucune question à propos des expulsions et des reconduites à la frontière jusqu’au jour où son chemin croise celui d’Olga, une jeune prostituée mère d’un jeune garçon et femme en grande souffrance qu’on retrouve quelques jours après, étendue morte au pied d’un immeuble. La police conclut à un suicide mais Fabienne a décidé d’en savoir plus, de connaître les raisons pour lesquelles Olga aurait mis fin à ses jours et surtout ce qu’est devenu son petit garçon.
Elle oeuvrera seule, avec une grande détermination et au péril de sa vie, pour découvrir la vérité. Et la voilà, à cette occasion, qui se met à porter un regard mouillé sur la misère du monde.
Pourquoi un réalisateur n’aborderait-il le sujet, traité maintes fois au cinéma, du flic solitaire qui décide de faire la lumière sur une affaire qui a des résonances douloureuses avec sa propre histoire.
Mais il faudrait, pour que l’entreprise se justifie, que le sujet soit abordé d’une façon personnelle qui le différencierait des traitements qui ont précédé.
Ce n’est malheureusement pas le cas de José Ascala et de son "coup d’éclat " qui n’ a de coup d’éclat que le nom.
La capitaine de police est flanquée d’un assistant jeune et fougueux dont les idées sur le métier semblent différer légèrement des siennes, d’un supérieur obtus qui pourrait avoir eu quelques faiblesses pour elle dans le passé. Et si elle n’a ni chat ni chien ni canari ni poisson rouge à qui se confier quand elle rentre après une journée exténuante, elle a chez elle une mère en fin de vie, constamment alitée dont on devine, aux quelques répliques qu’elle lance du fond de son lit, qu’elle a été une femme forte et une mère étouffante. Ce qui expliquerait peut-être le célibat de la quarantenaire, son isolement et sa totale vocation à son métier.
Catherine Frot ne sauve rien. Et l’on découvre même, à plusieurs occasions, les limites de jeu de cette comédienne quand elle ne fonctionne pas dans son registre habituel. Ne communiquant à son personnage ni charisme ni fadeur, elle se contente de déambuler dans les quartiers populaires de Sète, ou de nous offrir, en gros plans des regards profondément pensifs.
Il y a pourtant, dans cette tentative ratée un soin, une qualité de photographie, un choix de lieux desquels se dégage un certain charme. Il faut rendre justice à José Ascala et à sa façon de filmer, dans la banlieue de la ville, une usine sur le point de fermer, ou le monde laborieux et en bout de course des parcs à huîtres.
Francis Dubois

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