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Un film de Scott Cooper (USA)

"Crazy heart" Sortie en salles le 3 mars

Bad Blake fut autrefois un des plus grands noms de la scène. Il inspira des générations de chanteurs mais aujourd’hui cette grande figure de la Country Music en est réduit à chanter dans des bars, des salles de concert miteuses, où il ressert ses anciens succès à quelques rares inconditionnels...
Jusqu’au jour où la route de Bad Blake croise celle de Jean, une jeune journaliste locale. Celle-ci, quoique prudente, tombe sous le charme de Blake. Mais le chanteur vieillissant reconverti en amoureux transi, saura-t-il échapper au vieux démon de l’alcool, et saisir la chance qui s’offre à lui de donner un second souffle à sa carrière ?
La trame du récit n’est pas d’une grande originalité. La réalisation de Scott Cooper ne s’écarte rarement du tracé attendu. Alors pourquoi avec des personnages stéréotypés jusque dans les seconds rôles, "Crazy heart" se regarde avec un tel intérêt. Le looser a gardé son panache et même s’il n’est dupe ni de sa dégringolade artistique, ni des risques réels où l’entraînent les excès d’alcool et écarts de toutes sortes, il est bien décidé à user jusqu’à la trame son capital d’ancienne idole de la scène.
L’attachement qu’il témoigne à Jean et à son petit garçon l’amène à une reconversion qui entame sans doute plus ce qui persiste de son image de chanteur adulé, que les effets de l’oubli du public.
Bad Blake fonce dans cette histoire avec une candeur presque juvénile mais l’amoureux ne fera jamais obstacle au vieil homme que ses excès ont épuisé. Et c’est peut-être la sincérité, l’application avec laquelle il se lance dans la lutte contre l’alcoolisme, l’émotion que suscite cette grande gueule acceptant aveuglément et sans pudeur toutes les concessions au grand amour tardif qui le saisit, les précautions maladroites dont il entoure la jeune femme qui, en constituant l’essentiel de la seconde partie du récit, en font l’originalité et l’intérêt.
L’autre atout du film est la partition musicale que Stephen Burton et son complice de toujours T Bone Burnett ont écrite pour "Crazy Heart". Ils voulaient faire un original sans s’inspirer directement du répertoire d’une star. Et même s’ils ne démentent pas certaines influences, les chansons que Bad Blake chante dans le film, le talent intact, en disent plus long sur lui que ce qu’il pourrait révéler en paroles.
On peut regretter l’angélisme d’un tracé narratif prévisible et une happy end où la morale s’en tire avec les honneurs et sans la moindre égratignure mais on peut aussi s’attacher à une histoire touchante. Les amateurs de Country, de toutes les façons, eux, devraient y trouver leur compte.
Francis Dubois

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