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Un film de Vincent Ostria (France)

"Crime" Sortie au cinéma "L’entrepot" le 9 juin 2010

Le public qui court applaudir les aventures balnéaires du quidam en vacances ou celui qui s’est passionné pour l’exotisme de la région du Nord de l’hexagone boudera certainement (et sans doute l’ignorera-t-il) la sortie de "Crime" film en noir et blanc, sombre et énigmatique de Vincent Ostria.
Muinski, dealer sans doute occasionnel, vit dans un quartier désert d’une ville mystérieuse. Il partage son appartement avec Tô, un homme malade. Muinski, lassé de ses activités illicites envisage de se reconvertir et d’ouvrir une librairie. C’est alors que lui parviennent d’étranges colis contenant une poudre noire inconnue…
Il décide de tester la substance, mais sous l’effet de cette drogue, perdant tout contrôle, il commet l’irréparable.
Vincent Ostria a été critique de cinéma pour Le Quotidien de Paris ou Les cahiers du Cinéma. Il a réalisé des courts métrages expérimentaux tout en continuant à écrire et à défendre un cinéma radical dans Les Inrockuptibles ou l’Humanité.
Son Cinéma est sans concession et "Crime" qui est son premier long métrage en est la preuve. Récit abrupt, noir et blanc qui devient un élément de la narration, tant l’image est singulière.
Les personnages surviennent sans qu’on sache qui ils sont, le lien qui les unit les uns aux autres. Mais de cette esquisse narrative, de ces scènes silencieuses ou au contraire bavardes se dégage une atmosphère et le film trouve ses contours un peu à la manière d’un paysage noyé dans un brouillard qui se dissiperait progressivement.

Les personnages sont des silhouettes. On ne saura jamais vraiment qui est Muinski, le rôle exact de la femme blonde, de quelle maladie souffre Tô, l’asiatique agonisant même si, pour Muinski, le projet de se lancer dans la librairie est bien réel et plausible.
"Crime" n’appartient pas au cinéma narratif. C’est une sorte d’essai, une autre façon de raconter une histoire et ce cinéma tâtonnant, expérimental est dans le paysage général de la production des films, une sorte de contrepoids aux grosses sorties. C’est tant mieux si le public se précipite à "Camping" s’il permet de cette façon à ce genre de tentative artistique d’exister et sans lequel le cinéma ne serait pas tout à fait ce qu’il est…
If faut des salles courageuses pour programmer ce type de films. Nous en comptons quelques unes à Paris. Ce sont à Paris l’Entrepôt, l’Espace St Michel ou le nouveau Latina. Ils fidélisent un public friand de formes nouvelles, de scénarii originaux, de parti pris de narration loin des sentiers battus…
"Crime" est un film pour ce public-là.
Francis Dubois

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