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Un film de Dean Wright (Mexique)

"Cristeros, un combat pour la liberté" Sortie en salles le 14 mai 2014.

En 1926, suite aux lois du Président Callès interdisant toute pratique religieuse sur l’ensemble du territoire, un soulèvement populaire secoue le Mexique.

Acteurs d’un épisode dérangeant de la révolution mexicaine (longtemps occulté), les Cristeros ont provoqué par leur action, à la fois l’embarras de l’État et de l’église.

Lassés des persécutions religieuses, les paysans qui se soulèvent sont des hommes, des femmes et des enfants qui ne disposent que de bâtons et de pierres pour affronter l’armée.

Pour les fédéraux, il s’agit au début, de l’équivalent d’une partie de chasse. Mais bientôt, l’opposition vire à la confrontation massive.

Soutenu par tout un peuple, la guérilla se structure, se renforce et, en 1929, les Cristeros auront rassemblé cinquante mille combattants.

Mais l’ampleur du mouvement est bridée par l’embargo américain sur les armes.

Face à la détermination des opposants, le Président Callès est finalement contraint de négocier avec l’église.

La Christiade, épisode important de la révolution mexicaine (1910-1940) a longtemps disparu des livres d’histoire.

Il aura fallu, entre autre, qu’un universitaire français, Jean Meyer, ressuscite l’épisode dans une thèse d’État parue en 1970 pour que, au Mexique comme à Rome, les archives s’ouvrent et que les Cristeros sortent de l’oubli.

Il faudra au final attendre 1992 pour que la Constitution mexicaine redonne un statut légal aux communautés religieuses et lève toute restriction vis-à-vis des prêtres.

Sur le sujet, Dean Wright réalise un film qui renoue avec les grandes fresques retraçant de célèbres soulèvements populaires, dont les années 50-60 ont été friandes.

Tous les codes du genre sont ici de nouveau réunis.

Chefs de guerre charismatiques, personnages sacrifiés à la cause, enfants engagés dans le combat, femmes œuvrant dans l’ombre, personne ne manque à l’appel dans la galerie de portraits que le film propose.

Si bien que le parti-pris romanesque un peu trop marqué prend bientôt le pas sur la réalité des événements.

Le Général Gorostieta, génie militaire à la retraite, va transformer les bandes inorganisées des Cristeros en guerriers passionnés combattant au nom de la liberté et restera longtemps dans une ambiguïté qui fera douter de la totale sincérité de son engagement.

Le Père Christopher, prêtre militant en faveur de la paix, devenu à son insu un ennemi du gouvernement, ouvrira la longue liste des victimes innocentes du combat.

Victoriano Ramirez dit "Quatorze" parce qu’il a combattu pour sa survie contre un peloton d’exécution de quatorze hommes, insurgé courageux, va devenir un véritable chef pour les Cristeros.

On peut ajouter Adriana, jeune combattante courageuse symbolisant l’action des femmes dans la lutte, José Luis Sanchez, un adolescent déterminé à se battre pour la bonne cause après qu’il a assisté à l’exécution du Père Christopher…

Si on ne s’ennuie pas (à la condition toutefois, d’être resté un peu nostalgique de ces grandes fresques guerrières) on peut aussi mesurer le chemin qu’a fait (à son avantage) le cinéma en un demi-siècle dans la façon de traiter les grandes causes engagées.

Francis Dubois

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