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Un film de Pascale Diez (France)

"D’une école à l’autre" Sortie en salles le 13 février 2013

Grâce à la volonté de quelques adultes, institutrices, professeurs de danse, artiste de Street-Art qui souhaitaient souligner l’absence de mixité sociale dans les écoles parisiennes, la rencontre s’est faite entre les élèves d’une école de Belleville et ceux d’une école de la rue St Jacques dans le cinquième arrondissement. En tout, une grosse quarantaine d’élèves appartenant tous au niveau Cours Moyen 1ère année.

Les premiers contacts s’avèrent difficiles. Chacun reste sur ses gardes. Les insultes et les actes d’agressivité et de provocation proviennent surtout des élèves de la classe de Belleville, où un seul élève est blanc de peau.

Au cours des autres rencontres, des contacts se nouent mais c’est quand débutera un projet commun, que la glace fondra entre les deux groupes.

A l’école nationale de la danse, tous devront participer à la préparation d’un spectacle qui donnera lieu à une représentation dans un théâtre, face à de vrais spectateurs.

Dans un premier temps on assiste au déroulement d’un cours dans les deux classes et d’entrée on mesure la différence. L’institutrice de Belleville fait travailler ses élèves sur l’apprentissage d’un vocabulaire de base. L’expression orale des élèves est confuse, difficile. Et même si l’attention de chacun est plutôt soutenue, on note des digressions, quelques légers dérapages.

Rue Saint-Jacques on manie la langue avec beaucoup d’aisance, on a une foule de connaissances, on est tolérant à l’égard d’un "premier de classe" dont la façon précieuse de s’exprimer pourrait prêter à rire. Le comportement est réceptif.

Mais ni dans un classe ni dans l’autre, les institutrices ont a faire face à de l’indiscipline.

Si dans un premier temps, on se regarde un peu comme des bêtes curieuses et si, en sous-mains, on règle vivement ces différences de niveau social, les apparences sont sauves.

Il faut en arriver aux premières séances de travail en commun pour que les choses s’aplanissent entre les deux classes.

Le projet de la préparation d’un spectacle de danse était sans doute un bon choix. Le uns ont des références, des connaissances. Les autres sont plus habiles à mouvoir leur corps, à improviser et il est bien possible qu’entre en jeu une sorte de défi tacite.

Tout à coup, on est logé à la même enseigne.

Il est évident que ce type d’expériences devrait se multiplier. C’est une façon de remédier à cette absence de mixité sociale qui fait de certaines classes (qu’elles réunissent des élèves de milieu riche ou aisé ou des enfants qui souffrent d’un déficit culturel ou d’une mauvaise connaissance de la langue) des lieux clos, des viviers dangereux, prêts au rejet de l’autre.

Le documentaire " Les roses noires" d’Hélène Milano, sorti en novembre 2012 qui aborde le "parler" codé des banlieues pourrait être un parfait complément au film de Pascale Diez.

Francis Dubois

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