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Un film de Xavier de Lauzanne (France)

"D’une seule voix" Sortie en salles le 11 novembre

Jean-Yves Labat de Rossi a voulu réaliser un vieux rêve : réunir pour un même concert, musiciens israéliens et palestiniens, juifs, chrétiens et musulmans. Il est allé les chercher de part et d’autre du mur pour leur proposer, après un concert donné en plein centre de Jérusalem, une tournée de trois semaines en France.

Le pari était risqué et si le concert fut un triomphe partout où il eut lieu, des conflits, des rivalités n’ont pas manqué de surgir et dans les coulisses, l’harmonie ne fut pas toujours de rigueur. Pourtant, ces trois semaines d’une promiscuité nécessaire ont débouché sur une communication, des dialogues et pour certains d’entre eux sur la découverte de l’autre et sur la révélation d’amitiés possibles.
Des liens se sont tramés au fil de ces trois semaines, au fil des concerts à la cadence exténuante, par le biais d’une même passion fédératrice, la musique.
Le film s’ouvre sur la rencontre du réalisateur Xavier de Lauzanne avec Jean-Yves Labat Rossi dans l’ancien presbytère d’un petit village du fin fond de la Creuse. C’est de là que cet homme accroché à son projet, téléphone à Jérusalem, à Gaza, au Caire.
Le contexte n’est pourtant pas des plus favorables. A Gaza, nous sommes à la veille des élections législatives qui se solderont pas la victoire du Hamas. Le moment connaît également les polémiques à propos des caricatures et des enlèvements d’occidentaux… Mais entre temps, une personnalité importante s’est ralliée au projet, Atef Okasha, le directeur de l’ensemble musical de Palestine. Pour lui l’aventure prenait un sens et la caméra qui allait filmer serait comme un porte-voix pour parler au Monde. La mise en présence d’artistes juifs et arabes d’Israël, d’artistes arabes de Cisjordanie et de Gaza allait dans le sens de son militantisme en faveur du dialogue alors qu’aujourd’hui, privé de son groupe, de ses instruments, cet homme n’anime plus que des fêtes de famille.
Le film de Xavier de Lauzanne évite l’écueil qui menaçait un tel projet, une vision trop angélique ou naïve de ces rencontres et si des amitiés naissent entre musiciens des deux bords, sa caméra est sans cesse à l’affût des malentendus, des accès de susceptibilité, de remarques racistes et ce contre-poids négatif, même s’il nous coûte de le constater, donne au film toute sa crédibilité.
La forme du concert est également un atout pour le film. Chacun des participants venu avec son propre répertoire y succède à un autre sans que jamais ils ne se produisent tous ensemble. L’objectif du projet étant également de faire connaître les diversités musicales et non pas de les noyer les unes dans les autres.
Si des artistes choisissent par moment de jouer avec d’autres, cela relève de leur choix et la scène devient alors le reflet des coulisses…
"Lorsqu’on chante la musique de l’autre, on ne peut plus le bombarder" dit Maya, directrice d’un chœur israélien. Il ne reste plus qu’à souhaiter que le film fasse un long chemin…
Francis Dubois

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