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Un film de Igaal Niddam (Suisse)

"Dan et Aaron" Sortie en salles le 21 avril

Lorsque Daniel retrouve son frère Aaron qu’il n’a pas vu depuis plus de 20 ans, tout les sépare. Leurs modes de vie n’ont rien en commun. Dan, berger dans un kibboutz, est père de deux enfants dont l’ainé effectue son service militaire. Aaron, docteur en droit et en philosophie, grand érudit de la Torah, arrive d’une yeshiva de Brooklyn pour défendre devant la Cour Suprême le rabbin d’une yeshiva de Jérusalem, poursuivi pour avoir soustrait ses étudiants à leurs obligations militaires. Sur fond de procès, le conflit qui oppose les deux frères (Aaron reproche à son aîné de l’avoir abandonné quand il avait neuf ans, Dan ne comprend pas pourquoi son frère n’a jamais répondu à ses lettres ; il a même pensé qu’il était mort) est le reflet d’une société déchirée entre ses convictions religieuses et politiques. C’est la question de la séparation de l’Etat et de la religion qui est au cœur du propos du cinéaste. Dan voit dans l’Etat d’Israël sa patrie alors que son frère n’y voit que la Terre Sainte.
Igaal Niddam s’attache plus particulièrement à l’avocat religieux, à son argumentation davantage basée sur ses convictions religieuses que sur le droit et sur ce pays qu’il découvrira trop tard.
Depuis quelques temps sortent des films mettant en scène les communautés ultra orthodoxes de Jérusalem ("My father, my lord" ou "Tu n’aimeras point") mais elles étaient, jusque là, filmées en "vase clos". Ici, un constat élargi de la situation politique du pays rend compte de la confrontation entre religieux et laïcs. Elle pourrait, selon le réalisateur, entrainer le pays vers une guerre civile. Par ricochet, le film rappelle aussi l’assassinat en 1995 d’Yitzhak Rabin par un jeune extrémiste juif.
Œuvre à la fois sensible et brute, "Dan et Aaron" est un regard âpre sur la situation complexe d’un monde déchiré entre certitudes et contradictions.
Francis Dubois

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