Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Hilla Médalia (Israël –USA)

"Dancing in Jaffa" Sortie en salles le 2 avril 2014.

Après avoir beaucoup vécu à l’étranger, Pierre Dulaine, professeur de danse de salon de renommée mondiale, retourne à Jaffa, en Israël, sa ville de naissance.

Conscient de la tension existant entre les différentes communautés qui s’y côtoient au quotidien, il veut réaliser un vieux rêve qui lui tient à cœur : faire tomber les tabous culturels et religieux et faire danser ensemble des enfants israéliens et palestiniens.

Cet enseignant qui intervient dans de nombreuses écoles de prestige aux USA a pour projet essentiel de provoquer un rapprochement des deux communautés et d’enseigner aux uns et aux autres le respect mutuel à travers la pratique de la danse.

A Jaffa, première victoire : Pierre Dulaine arrive à convaincre cinq écoles de la ville et 150 enfants et leurs parents de tenter l’expérience.

Parmi ces établissements scolaires, deux écoles juives, deux écoles arabes et une école mixte.

Le tournage va se focaliser plus particulièrement sur trois enfants, une enseignante et Pierre Dulaine lui-même.

Le premier quart d’heure du film fait craindre le pire. La personnalité de Pierre Dulaine entre

exigence, autorité, démagogie et cabotinage, inquiète.

A-t-on affaire à un militant du rapprochement des deux communautés ou à un dandy qui se lance dans une expérience flatteuse ?

Difficile dans les premiers moments d’arrêter une appréciation, d’autant que le film dans sa démarche démonstrative ne rassure pas non plus.

Ce n’est que lorsque les enfants rentrent dans le jeu proposé avec des élans retenus, une méfiance vis à vis des contacts tactiles, parfois avec des moments de franche réticence que le film de Hilla Médiala trouve son tempo et sa vraie voie.

Noor est une jeune adolescente en souffrance depuis la mort de son père. La conversion de sa mère juive à l’islam ne rend pas sa position confortable.

Si Lois n’a pas de père c’est que sa mère a fait le choix d’opter pour l’insémination artificielle pour avoir ses enfants.

Alaa, jeune israélo-palestinien musulman vit dans un des quartiers les plus pauvres de Jaffa. Il trouvera dans le projet de Pierre Dulaine, comme quelques autres, le moyen de se révéler à lui-même.

Mais ces trois enfants ne sont pas les seuls présents à l’image et si des dizaines d’autres se tiennent au second plan, ils n’en contribuent pas moins à donner sa vraie dimension humaine à l’expérience de rapprochement.

Ce sont les enfants qui font le film mais également la mystérieuse alchimie qui se fait entre un professeur au ton précieux, un peu guindé et la spontanéité juvénile, qu’elle soit dans la réticence, ou dans le dépassement des tabous.

L’émotion naît de la réussite de l’expérience ; elle est dans le constat réjouissant de voir les enfants danser ensemble, échanger, rire, dans le questionnement troublant à propos du moment précis où le miracle a eu lieu et de quelle façon souterraine.

"Dancing in Jaffa" , loin de tout angélisme, fait naître sous nos yeux de spectateurs ravis l’espoir que tout espoir dans l’homme n’est pas perdu et que tous ceux qui ont participé à l’aventure ne retourneront jamais à la haine.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)