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Un film de Bertrand Tavernier (France)

“Dans la brume électrique” Sortie en salles le 15 avril

L’inspecteur Dave Robicheaux est chargé de l’enquête concernant une série de crimes dont les victimes sont de très jeunes femmes.
Au moment de la découverte du dernier meurtre dans le Bayou, il rencontre Elrod Sykes, star hollywoodienne venue en Louisiane pour le tournage d’un film sur la guerre de sécession.
Le film est financé par Julius Balboni connu pour être un membre important de la mafia locale. Elrod confie à l’inspecteur qu’il a localisé, au moment des repérages, dans le Bayou, des ossements humains enchaînés.
Cette révélation renvoie Dave Robicheaux à des souvenirs anciens qu’il avait enfouis.
Bertrand Tavernier, qui n’avait pas tourné de film depuis 2004, adapte ici un roman de James Lee Burke "Dans la brume électrique avec les morts confédérés" pour une production essentiellement américaine, tournée en Louisiane sur les lieux mêmes du roman, avec des comédiens choisis pour ne pas trahir l’accent de la province de New Ibéria et contribuer au soin que le réalisateur a apporté à l’adaptation d’un ouvrage ancré dans la culture de la Louisiane.

Tavernier, grand amateur des romans de James Lee Burke a toujours considéré le personnage récurrent de l’inspecteur Robicheaux comme une des créations littéraires les plus réussies depuis Philippe Marlowe.
La transposition de l’intrigue à l’époque actuelle, la référence à la catastrophe de Katrina donnent au récit, une lisibilité immédiate et des repères historiques familiers. Et si le film conçu avec une extrême précision par Bertrand Tavernier est avant tout une œuvre intimiste, le récit n’en respecte pas moins les règles du genre et la galerie des personnages qui vont avec une intrigue policière…
L’inspecteur Dave Robicheaux, magistralement incarné par Tommy Lee Jones, vu chez les frères Cohen et réalisateur de "Trois enterrements" pour lequel il obtint un prix d’interprétation à Cannes en 2005, est un homme vieillissant animé par des grands principes moraux et qui dissimule sous une apparence égale, la colère que lui inspirent l’injustice et l’ignominie de certains personnages qu’il est amené à côtoyer. Personnage à la fois lisible et secret dont on ressent à chaque instant la force et la vulnérabilité, il représente la part intime du récit. La part propre au genre policier revenant aux autres personnages hauts en couleur regroupant malfrats, mafieux, tenanciers de bars louches ou maquereaux. Et puis il y a les liens souterrains qui unissent certains personnages au delà du déroulement apparent du récit. Comme la complicité qui se tisse entre l’inspecteur et la vedette hollywoodienne, tous les deux sujets aux apparitions du Général sudiste John Bell Hood, figure chevaleresque qui évoque le retour du Roi Arthur dans son pays .La singularité du film survient aussi quand, par une sorte de tour de magie narrative, les rapports entre les personnages prennent insensiblement le pas sur l’intrigue et nous engagent dans le sillage de leurs doutes profonds…
Pour son rendez-vous avec le cinéma américain, Bertrand Tavernier à réalisé un film magnifique. Un film qui place au centre de chaque plan, dans l’ampleur des paysages, des visages et des corps, un motif invisible mais palpitant qui émane peut-être du personnage central et fait planer sur tout le récit, une sorte de nostalgie sereine.
Francis Dubois

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