Actualité théâtrale

Jusqu’au 17 mars au Théâtre du Lucernaire

« Dans la peau de Cyrano »

Colin vient de faire sa rentrée dans un nouveau collège. On l’adresse à la psychologue car il a un problème qui le handicape dans sa relation à ses camarades de classe, il bégaie. Elle lui enjoint d’aller suivre le cours de théâtre du collège. Pas très convaincu, il y fait la rencontre d’un autre élève, qui se sent aussi un peu différent, et surtout d’un professeur de théâtre qui fait travailler à la classe Cyrano de Bergerac. Sous la direction de ce professeur, à la fois ferme, bienveillant et doté d’un solide sens de l’humour, il découvre ce Cyrano qui par certains côtés lui ressemble et va arriver à prendre confiance en lui et à révéler un talent dont il n’avait pas conscience.

Théâtre : dans la peau de Cyrano

C’est à la suite de la rencontre d’une classe de 1ère, à qui il a parlé de Cyrano et qui ne le connaissait pas, que Nicolas Devort a eu l’idée de ce spectacle. Il ne voulait pas raconter l’histoire de Cyrano, mais donner envie de le découvrir tel qu’il est, courageux, plein de panache et de verve, généreux et capable de se sacrifier car il se sait trop laid pour être aimé de Roxane. C’est en se découvrant des similitudes avec lui que Colin va pouvoir s’en sortir.

Nicolas Devort est seul sur la scène où il n’y a qu’une chaise. En fait il n’est pas seul, il y a le professeur de théâtre et des élèves, Colin qui bégaie, Maxence trop précieux, Benoît qui ricane bêtement pour tout, la jolie Adélaïde qui joue les chochottes et son petit ami, le genre beau gosse pas très fin. Il y a même la psychologue qui prend des notes pour faire entrer Colin dans une des cases du dossier. Nicolas Devort passe d’un personnage à l’autre en un éclair. Droit, souriant, prêt à la répartie il est le professeur. Il arrondit les épaules, baisse les yeux et c’est Colin qui est devant nous. Un peu raide, un peu efféminé on a Maxence. Le ventre en avant, l’air hilare, la dégaine du ballot content de lui, on sait que l’on est avec Benoît. Le plus drôle est lorsqu’il devient Adélaïde. La façon de marcher, de tripoter ses cheveux, de rejeter la mèche en arrière, révèle qu’il a bien observé les tics des adolescentes, à la fois conscientes de leur charme et pas encore bien assurées.

C’est une belle idée qu’a eue Nicolas Devort. Se placer dans un cours de théâtre pour faire découvrir à des adolescents ce qu’il peut leur révéler sur eux-mêmes et leur relation aux autres. On partage leur émotion et on rit beaucoup. Surtout Nicolas Devort réussit l’exploit d’incarner tous ces personnages et de passer de l’un à l’autre avec une habileté diabolique. Les attitudes, le timbre de la voix changent en une seconde. Il est éblouissant et les lycéens qui étaient dans la salle le soir où j’y étais, avaient bien l’air d’accord !

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 17h

Attention ! Les mardis, c’est en anglais

Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre Dame des Champs, 75006 PARIS

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 44 57 34

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