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Un film de Roman Coppola (Etats-Unis)

"Dans la tête de Charles Swan III" Sortie en salles le 24 juillet 2013

Charles Swan mène à Los Angeles une vie de luxe. Graphiste de talent, il est aussi un grand séducteur.

Jusqu’ici tout lui a souri mais lorsque son grand amour Ivana, lassée de ses frasques d’homme facile, décide de rompre, c’est pour Charles Swan qui passait pour être un être superficiel, tout l’édifice de sa vie qui s’effondre.

Soutenu dans l’épreuve par ses deux amis fidèles Kirby et Saul et par sa sœur Izzy, il entreprend un étrange voyage d’introspection dans son imaginaire, une expérience personnelle qui devrait l’amener à apprendre à vivre sans Ivana.

Roman Coppola a choisi de traiter le sujet de la rupture amoureuse d’un jeune homme choyé par la vie sur le ton de la comédie romantique déjantée.

Cette option fait que l’état de confusion et de souffrance où plonge une rupture n’est pas vraiment traitée puisqu’il faut rester dans le domaine de la comédie, et que la comédie qui n’existe qu’à travers des séquences clinquantes et irréalistes,n’est pas non plus convaincante.

Ce film qui devrait fonctionner comme une comédie étincelante de laquelle se dégageraient les sentiments découlant de la rupture, n’apparaît que comme la démonstration ratée du savoir-faire poussif d’un cinéaste dont la réalisation ressemble à une espèce de vitrine enguirlandée.

Charles Swan est présenté comme un enfant gâté, une sorte de sale gosse de riche qui use des avantages dont la vie l’a pourvu comme d’un passé qui lui ouvrirait toutes les portes et le mettrait à l’abri des exigences auxquelles est soumis le commun des mortels.

Mais le personnage qui pourrait (devrait) attirer la sympathie au travers de son insolence et de ses extravagances, de sa fantaisie, dont on attendait qu’il soit un doux rêveur, est antipathique à la manière des êtres prétentieux et méprisants.

Du coup le film étincelant, ludique, excentrique et drôle qu’on nous promettait passe à la trappe.

Et il ne nous reste plus, pour nous consoler, que quelques séquences qui, à condition qu’on les isole, ne sont pas désagréables à regarder.

Mais là encore rien d’original, rien que du déjà-vu.

Roman Coppola qui a grandi sur les tournages des films de son père aurait pu tirer un meilleur profit de ses observations.

Francis Dubois

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