Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

"Dans la ville de Sylvia" un film de José Luis Guérin (sortie en salles en sept. 2008)

Un jeune homme a croisé une femme, il y a longtemps, dans les rues de Strasbourg. Il revient dans cette ville avec l’espoir de la retrouver. Il s’attache à une jeune femme aperçue à la terrasse du bar du Conservatoire. C’est peut-être une hésitation à la reconnaître comme étant Sylvia qui va provoquer cet acharnement à la suivre. Il y a chez le garçon autant d’impatience que de sérénité autant de bonheur que de mélancolie, autant d’acharnement que de nonchalance.

Le film est l’histoire de cette filature obstinée, de la déconvenue, de l’échec, de la possibilité, malgré un démenti formel, que cette jeune femme est peut-être, malgré tout Sylvia, qu’elle devient en tous cas, au fil des journées, une fille dont la présence l’obsède et que, peut-être dans quelques temps, il tentera de retrouver.
Il y a la filature mais il y a, peut-être comme on n’a jamais filmé une ville, le dédale des rues et les allées et venues presque chorégraphiques des passants ordinaires saisis dans leurs déplacements habituels, ces bribes de leurs conversations volées au passage, les deux ou trois personnages récurrents comme le marchand de roses pakistanais, le vendeur africain et les musiciens de l’Europe de l’Est.
Cette chorégraphie qui fait que les piétons sont en parfaite harmonie gestuelle avec les tramways, les vélos, ces véhicules dont le passage est une sorte de menace pour la filature. On ne sait plus si le passage d’un bus ne va pas fait disparaître la silhouette de Sylvia, la rendre à l’état de fantôme, en tous cas, à l’extrême fragilité qui l’accompagne…
Les premières images du film, la ville de Strasbourg, la terrasse du bar du conservatoire, la musique des violons donnent le ton. Le film ne sera pas un triller et pourtant, au bout d’un moment on se prend au jeu de cette filature, on est tenté d’anticiper et on est autant irrité que passionné par cette histoire dont on sait également qu’elle n’éclairera sans doute pas ses zones d’ombre…
"Dans la ville de Sylvia" est une œuvre rare, élégante et brute. Il ne faut pas laisser passer l’occasion de se laisser porter par son charme.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Une part d’ombre »
    David est en apparence un homme irréprochable. Époux comblé et père de deux beaux enfants, il est entouré d’amis enthousiastes, chaleureux et fidèles. Lorsqu’au retour de ses vacances, il est interrogé... Lire la suite (19 mai)
  • « Passion »
    Un groupe d’amis se retrouvent régulièrement pour un dîner au restaurant, intime et joyeux. C’est à l’occasion d’une de ces réunions que deux d’entre eux vont annoncer aux autres leur décision de se... Lire la suite (14 mai)
  • « Meurs monstre, meurs »
    Dans une contrée reculée de la Cordillère des Andes, le corps d’une bergère est découvert décapité. Cruz l’officier de la police rurale est chargé de l’enquête. Très vite, David le mari de Francesca, la... Lire la suite (13 mai)
  • « Lourdes »
    Les parois rocheuses de la grotte de Lourdes sont caressées par des dizaines de milliers de personnes chaque année. Ils y laissent l’empreinte de leurs rêves, de leurs attentes, de leurs espoirs et... Lire la suite (9 mai)
  • « Matar a Jesus »
    Paula, une jeune étudiante libre et insouciante est inconsolable depuis le jour où elle a assisté à l’assassinat de son père, un professeur d’université activiste, en plein jour au centre de la ville de... Lire la suite (8 mai)