Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Marie-Hélène Rebois (France)

« Dans les pas de Trisha Brown » Sortie en salles le 6 septembre 2017.

Trisha Brown a beaucoup contribué à l’évolution de la danse contemporaine en défiant la loi de la gravité.

En inventant un déséquilibre inédit, elle a insufflé à ses danseurs une fluidité de mouvements sans précédent.

Une de ses plus célèbres chorégraphies «  Glacial Decoy » entre au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris.

Le film de Marie-Hélène Rebois rend compte du travail de transmission de Lisa Kraus et Caroline Lucas, deux collaboratrices très proches de Trisha Brown et de leur présence auprès d’un groupe de danseuses de l’Opéra.

L’enthousiasme des deux chorégraphes marchant dans les pas de Trisha Brown, leur énergie, l’admiration qu’elles portent à leur initiatrice, immerge le spectateur dans le mouvement novateur de la chorégraphie le plus représentative de son école...

Cinéma : Dans les pas de Trisha Brown

Le film pose la question du caractère éphémère d’une chorégraphie et de la survie de l’œuvre après la disparition de l’artiste qui en est à l’origine mais «  Dans les pas de Trisha Brown  » est également une immersion dans le travail à l’intérieur du Studio de l’Opéra Garnier.

Marie-Hélène Rebois en réalisant des films sur Dominique Bagouet, Merce Cunningham et maintenant Trisha Brown qui marquèrent chacun à jamais l’histoire de la danse, et aujourd’hui décédés, aura contribué à laisser une trace concrète de leur travail et de précieux documents de référence.

Un autre relais avec les artistes disparus est assuré par l’empreinte indélébile laissée dans le corps des interprètes.

Et en l’espace de cinq films depuis 1993, la réalisatrice a montré comment construire avec la mémoire du corps et avec l’oubli.

On pourrait penser que « Dans les pas de Trisha Brown », dont l’essentiel tourne autour d’un travail de reconstitution d’une chorégraphie, ne consiste qu’en une suite d’exercices répétitifs et ne peut intéresser que des amateurs de danse ou qui auraient une connaissance plus ou moins approfondie des chorégraphies.

C’est peut-être l’impression qu’on peut avoir au début du film. Mais très vite, lorsque commence à prendre corps l’ossature du travail, et que la technique se transforme en mouvement artistique, que les costumes apparaissent et que la fluidité des mouvements des danseuses surgit comme par magie, on est fasciné .

L’intérêt est dans la fascination qu’opère un travail de répétition mais bientôt aussi dans l’impatience d’assister à l’objet chorégraphique abouti.

A moins que d’être totalement réfractaire à la danse, on devrait trouver du plaisir à assister à cette longue mise en place de moments qui, lorsqu’ils constituent le puzzle final, apparaît comme une vraie récompense !

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)