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Darcos Ministre de l’ enseignement privé ?

Le ministre de l’Education Nationale a, dans son discours sur la mise en place du volet « Education Nationale » du plan gouvernemental pour les banlieues, annoncé une augmentation des crédits accordés pour l’enseignement privé sous forme d’un fonds spécifique destiné à financer le fonctionnement des « établissements privés qui accepteraient d’ouvrir des classes dans les banlieues ».

Cette décision est intolérable à plus d’un titre.

En premier lieu, cette décision est justifiée par le fait que les difficultés scolaires dans les quartiers difficiles seraient, au moins pour une part, dues à l’absence de l’enseignement privé dans ces zones, érigeant au passage l’enseignement privé en modèle de réussite. Les personnels qui enseignent dans ces quartiers, avec le lot de difficultés qu’ils rencontrent, apprécieront.

En second lieu, cette mesure vise à « appâter » financièrement l’enseignement privé pour qu’il intervienne dans ces secteurs où, sans cette carotte, il refuse d’intervenir. Ce choix est d’autant plus intolérable que les établissements publics en ZEP ne disposent pas aujourd’hui des moyens qui leur permettraient de pouvoir lutter plus efficacement contre les difficultés scolaires rencontrées par un nombre important d’élèves.

En troisième lieu, elle vise à étendre à ces quartiers la concurrence entre les établissements publics et privés, concurrence qui ne peut que développer la logique de consumérisme qu’il faudrait au contraire épargner à l’Education Nationale.

Enfin elle consiste à tenter, une nouvelle fois, d’augmenter les crédits dont dispose aujourd’hui l’enseignement privé : l’octroi de nouveaux financements à l’enseignement privé contrevient à la loi du 25 janvier 85 relative aux crédits limitatifs. Un tel retour à la logique de la loi Guermeur apparaît comme une véritable provocation.

Le ministre veut-il rallumer la guerre scolaire ?

Le SNES interviendra auprès du ministre de l’Education Nationale pour que ce projet soit abandonné. Il prend contact dès maintenant avec les mouvements défendant la laïcité pour contribuer à la mise en place d’une riposte unitaire.

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