Actualité théâtrale

au Théâtre Paris-Villette jusqu’au 24 novembre ?

"Dark Spring" d’après le récit "Sombre printemps" d’Unica Zürn

Le spectacle "Dark Spring" qui se donne au Théâtre Paris-Villette, en principe jusqu’au 24 novembre, sera-t-il le dernier joué dans ce lieu voué à la création et qui a, pendant plus de vingt ans parfaitement rempli son contrat ?
L’interruption du programme annoncé en cours de saison (trois spectacles auront été donnés sur les dix prévus – voir nos premières alertes et l’historique de cette situation) est une première dans l’histoire des théâtres et peut-être la porte ouverte à d’autres décisions autoritaires de la politique culturelle de la ville de Paris. Car le Théâtre Paris-Villette est un théâtre municipal dont les murs appartiennent à l’Etat.
Théâtre municipal signifie théâtre fonctionnant sur les seules subventions de la mairie.

La Maison de la Poésie de Paris va interrompre sa saison après février, au moment du départ de Claude Guerre, son directeur actuel. Mais là, seuls les spectacles prévus jusqu’en février avaient été annoncés.
Quel avenir sera réservé au-delà, à ce lieu dont Claude Guerre avait fait un théâtre de la poésie dans un souci de diversité, tout en donnant à la programmation, une ligne exigeante et rigoureuse ?

Le Lavoir Moderne Parisien, seul théâtre dans le quartier de La Goutte d’Or, est dans une situation plus que précaire quant à son devenir.

L’ancien Tarmac est en stand-by. Deviendra-t-il un jour un Centre voué à la chanson ? Pour l’instant, les subventions manquent.

Si l’on reproche à ces lieux de ne pas remplir leurs salles, c’est bien que le théâtre de création, celui qui permet d’avancer, de trouver de nouvelles pistes de travail, d’explorer dans des domaines divers, est remis en question et qu’on l’a privé de sa vocation.

Le "104" et le prochain Louxor à Barbès-Rochechouart nous consoleront-ils de la disparition des théâtres municipaux qui avaient chacun ses particularités et étaient animés du souci de sa mission, d’un rayonnement de proximité…

La théâtre Paris Villette poursuit sa lutte. Les soutiens son nombreux tant du côté de la profession que du côté du public, des veillées sont organisées au cours desquelles des artistes se produisent bénévolement. Ce sont des actions spontanées de toutes sortes, imaginées par ceux qui ont senti le vent du boulet et bien compris que la disparition, ou le détournement de ces lieux de leur mission originelle, représenterait un tournant dangereux qui pourrait multiplier les dégâts et, dans un avenir plus ou moins lointain, toucher l’ensemble du paysage culturel national.

"Dark Spring" se donne encore pour quelques soirs (Conception, mise en scène, images : Bruno Geslin ; création musicale Coming Soon). Le spectacle, faute de moyens, n’a bénéficié d’aucune publicité, ni d’affichage. Les spectateurs qui prennent place chaque soir à 19h30 dans la grande salle, ont été informés par le bouche à oreille. Ils s’ajoutent à ceux, déjà nombreux qui soutiennent le théâtre.
Les artistes du spectacle, Claude Degliame en tête et les musiciens qui accompagnent magnifiquement le texte, sont dans une énergie magnifique et le moindre solo de batterie prend ici, un air de combat.

Francis Dubois

Théâtre Paris-Villette,
Parc de la Villette

Information réservation 01 40 03 78 23 /
www.theatrealavillette.com
Tarif unique : 12 €

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Ruy Blas »
    Cet été le château de Grignan se met à l’heure de l’Espagne du XVIIème siècle pour accueillir le drame romantique de Victor Hugo. La reine d’Espagne vient d’exiler Don Salluste qui a déshonoré une de ses... Lire la suite (21 juillet)
  • La nuit juste avant les forêts
    Tout d’abord, il y a le texte, dur, puissant, superbe, qui résonne fortement avec l’actualité. Et pourtant, Bernard-Marie Koltes l’a écrit et fait représenter dans le Off d’Avignon en 1977. Il ne sera... Lire la suite (20 juillet)
  • Alain Paris chante les fables de La Fontaine
    Est-ce l’horaire ? Est-ce le lieu très excentré près des remparts de l’Oulle ? Il y avait peu de monde pour ce joli spectacle et c’est bien dommage. Alain Paris chante les fables de La Fontaine,... Lire la suite (17 juillet)
  • Beaucoup de bruit pour rien
    La modernité de cette pièce écrite en 1600 est saisissante. Elle est accentuée par la mise en scène intelligente de Salomé Villiers et Pierre Hélie. L’action est placée dans un cadre qui évoque tout... Lire la suite (8 juillet)
  • « Dévotion, dernière offrande aux dieux morts »
    Clément Bondu, écrivain, poète, musicien et metteur en scène en résidence aux Plateaux Sauvages signe le texte et la mise en scène de ce spectacle dont il nourrissait le projet depuis plusieurs années... Lire la suite (3 juillet)