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Un film de Marina De Van (France-Irlande-Suède)

"Dark touch". Sortie en salles le 19 mars 2014.

Une nuit, dans une maison isolée, les meubles et les objets prennent vie, massacrant les membres d’une famille à l’exception de Neve, une fillette de onze ans qui s’était abritée dans un placard.

Un couple proche des parents défunts propose de recueillir la fillette chez eux mais leur attitude aimante est mal vécue par Neve qui découvre que ce sont ses moments d’émotion qui déclenchent les catastrophes autour d’elle.

Parviendra-t-elle du haut de ses onze ans à maitriser une situation dont les éléments lui échappent ?

En 2002, le premier long métrage de Marina de Van " Dans ma peau" traitait des mutilations qu’une jeune femme infligeait à sa personne jusqu’à se défigurer.

En 2009, "Ne te retourne pas" était le récit de la vie d’une écrivaine qui voyait tout autour d’elle se modifier, avant que les modifications ne touchent à sa personne jusqu’à la rendre méconnaissable à elle-même.

Avec " Dark Touch" , sa dernière réalisation, elle aborde le film d’horreur, partant de la convention de la maison hantée avec craquements sinistres, ambiances sonores inquiétantes et d’un extérieur menaçant avec pluie diluvienne et tempête.

Après un générique prometteur au cours duquel la caméra balaie lentement sur son passage meubles et objets divers qui, le moment d’après vont s’animer et tout détruire dans l’appartement, le film déclenche son processus effrayant.

Mais très vite, dès les premières images du film, Marina de Van livre la totalité de son potentiel d’images d’horreur. Musique sifflante, visages inquiets, clairs obscurs soignés, mobiliers high-tech lisses et au bout d’un quart d’heure son film n’a plus grand-chose à nous promettre que des resucées des premières séquences.

Tant et si bien qu’on ne s’étonnera bientôt plus de rien, ni des éclats de verre enfoncés dans les chairs, ni des vis perforant un crâne, ni des meubles reprenant par deux fois leur élan pour broyer les jambes d’un homme.

La scène de la poupées-party où des gamines finissent par mutiler et brûler leur jouet préféré n’a, du coup, pas plus de portée et c’est à deux ou trois reprises, l’image d’un paysage de vallée paisible qui, venant en contraste du reste, fait prendre conscience de l’ampleur de l’horreur où le film est censé nous avoir plongés.

Peut-être faut-il laisser aux spécialistes du film d’horreur le soin de décider eux-mêmes des qualités ou de la totale vacuité de ce film qu’on peut voir aussi comme l’exercice, cette fois encore très appliqué, d’une cinéaste à suivre.

Francis Dubois

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