Actualité théâtrale

A la Maison de la Poésie, jusqu’au 22 novembre

"Darwich, deux textes" Mise en scène, jeu, Mohamed Rouabhi

Mohamed Rouabhi portait une telle admiration au poète Mahmoud Darwich qu’après sa disparition en 2008, il ne put, l’émotion étant trop forte, répondre aux nombreuses sollicitations qui lui ont été faites de participer aux manifestations en hommage au poète.
En ce début de saison, il propose dans la petite salle de la Maison de la Poésie deux textes de Darwich : "Discours de l’Indien rouge" et "Une mémoire pour l’oubli".
Dans le premier texte, l’auteur nous rappelle, alors que prenant conscience de l’état de la planète, nous nous mobilisons pour tenter de défendre la nature, l’environnement et l’espèce humaine, que tout pourrait bien avoir commencé le jour où les indiens d’Amérique, chassés par les batailles mais aussi par le chemin de fer, l’électricité ou l’aviation ont rendu les armes…
Dans le second texte, nous sommes en août 1982, dans ce qu’on appelle encore Beyrouth ouest. Un homme est chez lui, bloqué dans sa chambre. La guerre fait rage. La ville est sous le feu des bombardements incessants. Il tente malgré tout de rendre son quotidien vivable et rêve des cinq minutes de répit qui pourraient lui permettre de se préparer paisiblement un café. Et dans l’instant même ce café qu’il décrit et qu’il associe à la cigarette et à la lecture d’un quotidien, symbolisent la liberté. Il sait qu’à tout instant, l’immeuble où il vit peut voler en éclats et le faire se retrouver prisonnier des décombres, écrasé, défiguré, et il se met à rêver de son enterrement, d’un vrai cercueil en bois où reposerait son corps entier.
Si "Le discours de l’Indien rouge" est un texte très poétique que Mohamed Roubhi joue de façon un peu statique, celui de "Une mémoire pour l’oubli", à la fois poignant et drôle, lui offre l’occasion d’un jeu contrasté allant de l’émotion à l’humour dérisoire.
Ce texte est un superbe hommage aux habitants de Beyrouth, à leur courage et à leur capacité de résistance à l’insoutenable.
Le poète Darwich n’est pas mort à Beyrouth mais aux Etats-Unis, dans l’Etat du Texas, le pays des cow-boys et… de l’Indien rouge.
Un beau spectacle subtilement construit et fort, à voir en fin d’après-midi sous les voûtes de la petite salle de la Maison de la Poésie. C’est à 19 heures.
Francis Dubois

Maison de la Poésie
Passage Molière, 157 rue Saint-Martin
75 003 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 44 54 53 14
www.maisondelapoesieparis.com

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