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Un film de Manon Hott et Grégory Cohen (France)

De cendres et de braises Sortie en salles le 25 septembre 2019

Les cités HLM des « Mureaux » dans les Yvelines ont été construites dans les années soixante pour loger les ouvriers de l’usine voisine « Renault Flins »

L’usine automobile comptait alors jusqu’à 23 000 ouvriers. Il n’en reste aujourd’hui qu’à peine 4000 dont plus d’un tiers est constitué d’intérimaires, d’emplois précaires.

Avant cette vague de désindustrialisation, c’était un territoire riche de son histoire ouvrière qui a connu d’importants épisodes de luttes sociales. Jean-Pierre Thorn avait à l’époque réalisé « Oser lutter, oser vaincre, Flins 68 » tourné pendant l’occupation de l’usine. Cette histoire ouvrière croise l’histoire de l’immigration et de l’urbanisation.
culture/cinéma
Les questions que pose le film sont :
> Comment vit-on aujourd’hui dans ces anciennes banlieues ouvrières ?
> Des luttes sociales du passé à la précarité actuelle, que reste-t-il du monde ouvrier ?
> Qu’est-ce qui se réinvente derrière les décombres des démolitions des tours et des barres de ces cités mais aussi dans les cendres des mouvements ouvriers ?

Pour mieux percevoir ce qu’est la vie dans ces cités en 2019, le réalisateur et sa collaboratrice se sont installés sur place dans la cité faisant du film « De cendres et de braises » une expérience de recherches et de cinéma mais surtout une expérience de vie.

Le travail sur l’élaboration du film a commencé par trois années d’enquêtes aux Mureaux et sans caméra. Le travail consistait à réunir le plus possible d’archives et à recueillir des récits de vie auprès d’habitants de tous âges, de les engranger, de les classer pour faciliter plus tard le montage et la construction du film.

Les rencontres les plus fortes ont été celles avec d’anciens ouvriers de l’usine Renault-Flins en provenance du Maghreb et d’Afrique, venus s’établir dans les immeubles et les barres dans les années 70.

Ou avec les jeunes résidents qui ont des projets teintés d’espérance, qui tiennent des propos réfléchis et positifs sur la situation des banlieues et de ses jeunes habitants et qui lancent des pistes de réhabilitation.

Chaque nouveau film sur le sujet des banlieues s’impose comme un élément de plus pour établir un état des lieux et souligner l’abandon du pouvoir d’un problème qui reste depuis des décennies en suspens...

Le noir et blanc apporte une singularité à ce nouveau témoignage volontairement sombre mais ça et là, teinté d’espérance...

Francis Dubois

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