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Un film de Gilles Perret (France)

"De mémoire d’ouvriers" Sortie en salles le 29 février 2012

Dans "Ma mondialisation" son précédent film sur une thématique voisine (en 2006, avant la réalisation de "Walter, retour en résistance" qui est à l’origine de l’édition du livre "Indignez vous !" de Stéphane Hessel), Gilles Perret, avait montré essentiellement le point de vue d’un patron de la Vallée de l’Arve en Haute-Savoie. Cette fois-ci, fils d’ouvrier lui-même, Gilles Perret donne la parole aux ouvriers, une population qui a totalement disparu du champ médiatique, alors qu’elle représente six millions de personnes en France, soit 23 % des actifs...
"De mémoire d’ouvriers" s’ouvre sur une histoire dramatique locale, celle de la fusillade de Cluses au cours de laquelle les fils du patron de l’usine Crettiez ont tiré sur des ouvriers en grève, tuant trois d’entre eux, en blessant 39 autres.
Contrariés par le fait qu’aux élections municipales de 1904 la liste des notables opposée à une liste d’ouvriers ait dû attendre la second tour pour être élue, les dirigeants de l’usine de Cluses décidèrent le licenciement de sept ouvriers syndiqués dont les noms figuraient sur la liste d’opposition.
Une grève fut votée qui s’étendit bientôt à toutes les usines de la cluse de l’Arve, spécialisée dans le décolletage.
Il est à noter qu’au moment du tournage la seule personne interrogée qui a connaissance des événements de 1904 est un vieil ouvrier maghrébin…
Le film de Gilles Perret, documentaire de facture plutôt classique, alterne images d’archives et témoignages avec un rythme soutenu. Le montage particulièrement travaillé donne souvent du mouvement aux images d’archives qui contribuent à éclairer le présent et les évolutions économiques et sociales évoquées.
Gilles Perret interroge des ouvriers en activité dont le propos éclaire sur les évolutions constatées dans les entreprises, des retraités qui parlent d’une époque où la solidarité n’était pas un vain mot, où l’ambiance était à l’entraide et à la convivialité, de jeunes ouvriers qui donnent leur vision du monde du travail actuel.
Des interlocuteurs qu’il a rencontrés, il n’a conservé qu’un nombre limité, ceux qui ont un regard affirmé, lucide, non fataliste et qui sont pour la plupart des personnes engagées.
Le tracé du film qui court sur les 110 dernières années s’appuie sur trois périodes marquantes : celle de la naissance de l’industrie avec l’arrivée de l’électricité, celle des grands travaux des Alpes pour finir sur l’économie de service axée sur le tourisme qui semble être l’activité dominante d’avenir.
En faisant ses recherches Gilles Perret a pu constater que des films institutionnels tournés dans les années 80 avaient déjà valeur d’archives avec le basculement précipité du monde ouvrier dans les années de mondialisation.
Une période pas si ancienne où le fruit du travail avait connu une meilleure répartition entre le capital et le travail, où les avancées sociales était réelles alors que la période actuelle se situe plutôt dans la perte des acquis et une régression à tous les niveaux.
De nos jours le rapport de force est peu favorable à la classe ouvrière. C’est le constat qui ressort du film de Gilles Perret même s’il finit sur une note d’espoir avec un discours sur le fait que rien n’est immuable, que tout est cyclique et que, ce qui a disparu, renaîtra peut-être.
Un film qui pourrait contribuer, avec ce constat social éclairant les évolutions historiques, à une éducation populaire des collégiens, lycéens et à beaucoup de leurs aînés…
Francis Dubois -et Philippe Laville, pour quelques compléments -

Pour faire entendre "LA PAROLE OUVRIERE AU COEUR DE LA PRESIDENTIELLE"
de nombreux débats sont organisés avec ce film,
en partenariat avec
l’Humanité , Politis et Mediapart

Programme des projections-débats à Paris :

Espace Saint-Michel
(7 place Saint-Michel - 75005)
mercredi 29 février (20h30) : Gilles Perret (réalisateur), Michel Etiévent et Jean Avrillier (protagonistes du film)

jeudi 1er mars (20h30) : Yves Clot (professeur de psychologie du travail au CNAM) et Mino Faita (protagoniste du film)

samedi 3 mars (16h35) : avec les représentants syndicaux de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, Jean-Pierre Mercier (CGT), Mohamed Khenniche et Gaël Mephara (Sud)

mardi 6 mars (20h30) : Nicolas Hatzfeld (historien / Université d’Evry)
jeudi 8 mars : Bernard Friot (sociologue et économiste / Université Paris Ouest Nanterre).
lundi 12 mars : Danièle Linhart (sociologue / directrice de recherches au CNRS)
vendredi 16 mars : en partenariat avec Europe Ecologie Les Verts
mardi 20 mars : en partenariat avec le Front de Gauche.

Sept Parnassiens
(98 boulevard du Montparnasse - 75014)
vendredi 2 mars (20h) : avec Henri Morandini (protagoniste du film)

Toutes les informations sur le film "De mémoires d’ouvriers" (bande-annonce, dossier de presse, programmation à Paris et en régions jusqu’à fin avril, en présence de Gilles Perret dans de nombreuses villes) : http://dememoiresdouvriers.com

Une vidéo est accessible en ligne
regroupant quelques interventions lors d’un débat, à l’issue d’une projection en avant-première le 11 janvier à Paris, en présence de responsables politiques de gauche, animé par Edwy Plenel et Patrick Apel-Muller, en présence de Martine Billard PG, Pierre Laurent PC, Pascal Durand EELV, Alain Krivine NPA et David Assouline PS ainsi que des ouvriers du film. Voir en cliquant sur ce lien.

Pour organiser une projection, un débat, contacter l’équipe du film  : cpfilm.distribution@gmail.com

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