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Un film de Michael Whyte (Royaume Uni)

"De silence et d’amour" Sortie en salles le 22 décembre 2010

Le monastère des carmélites de la Très Sainte Trinité est situé en plein centre de Londres. Cet établissement consacré à la prière contemplative date de septembre 1878. Une petite communauté de sept religieuses a commencé là, dans le dénuement et la pauvreté, sa mission de puissance spirituelle pour l’évangélisation de l’Angleterre, jusqu’ au début du vingtième siècle où la vie carmélitaine s’est mise à susciter de nombreuses vocations chez de jeunes femmes venant de tous horizons

Le film retrace une année de la vie de cette communauté religieuse même s’il se centre pour une grande partie sur la semaine sainte et sur deux événements notables survenus au moment du tournage : la mort d’une vieille carmélite et la cérémonie au cours de laquelle une novice prononce ses vœux.
Michael Whyte qui a attendu dix ans l’autorisation de tourner à l’intérieur du carmel a, dans un premier temps, posé sa caméra discrètement, saisissant au hasard des couloirs, parquets et boiseries brillants d’encaustique, les allées et venues de ces femmes dont le regard ne s’attarde jamais. Des ombres se faufilent. Elles se croisent, se suivent, vont à l’office ou à la prière mais aussi, comme la sœur couturière ou la sœur cuisinière, vaquent à des occupations domestiques.
"De silence et d’amour" est un regard convaincu sur l’existence et la nécessité de cette communauté mais il est aussi une réflexion sur ces femmes qui n’ont de contact avec l’extérieur que lorsqu’elle doivent aller consulter un médecin. Aucun journal ne leur parvient et au Carmel de la Sainte Trinité aucun téléviseur, aucun poste de radio ne sont là pour leur donner des nouvelles du monde.
Leur vie est entièrement consacrée à la prière dont elle croient en la puissance mais comment des prières aussi ferventes soient-elles, peuvent elles s’adresser à un monde dont elles sont éloignées, dont elles n’ont aucune connaissance.
Autre chose surprend c’est l’importance du volume habitable, le luxe et le confort d’un bâtiment en plein centre d’une capitale et qui n’est occupé par une petite poignée de personnes sensées vivre dans le dénuement. Il eut fallu interroger les nonnes à propos de la crise du logement qui sévit à Londres comme ailleurs, des ces familles qui vivent dans des appartements exigus et insalubres, de la vraie pauvreté en somme…
Le film de Michael Whyte est d’autant plus intéressant qu’il est aveugle. Son propos partisan n’insiste que sur l’admiration que lui inspirent les nonnes, ces femmes qui se sont vouées à Dieu, sur leur existence toute entière offerte à la prière, au recueillement, à un choix de vie qui nie tout ce que le monde moderne a d’inutile, d’excessif et de perverti. A l’exception du matériel informatique dont elles disposent cependant….
Pourtant, les carmélites quand elle sont interrogées par le cinéaste, qu’elles parlent de leur existence cloîtrée, de leur vocation ou qu’elles abordent des sujets de réflexion plus généraux, semblent avoir longuement et intelligemment médité sur les questions de leur foi réduite à la prière. Le film renvoie, et ce n’est pas à l’avantage de son contenu, à celui de Xavier Beauvois, "Des hommes et des Dieux". Là, les prêtres ont une vraie présence et de vraies missions sociales. Ils existent.
Rien à voir…
Francis Dubois

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