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Un film de Sébastien Betbeder (France)

« Debout sur la montagne » Sortie en salles le 30 octobre 2019.

Stanislas, Hugo et Bérénice ont passé leur enfance dans un village isolé des Alpes. Ils étaient inséparables et se sont fait les plus belles promesses de fidélité. Mais la vie en a décidé autrement et elle les a dispersés et confrontés chacun à des histoires qui les ont accaparés à tel point que pendant des années, ils ont tout oublié.

Lorsqu’ils se retrouvent au cimetière du village pour les obsèques du frère de l’un d’eux, l’émotion les saisit et les souvenirs et promesses d’autrefois reviennent.

Ces retrouvailles et les élans des uns vers les autres vont-elles leur permettre de renouer avec les sentiments d’alors malgré les égratignures de l’existence qui risquent de les avoir abîmés ?

Que reste-t-il à l’âge adulte de l’enfant qu’on a été, des rêves et des promesses d’alors ? Et si on s’en souvient, a-t-on le droit ou peut-être le devoir de les bafouer ?

Cinéma : Debout sur la montagne

Sébastien Betbeder a tissé le portrait du temps qui passe autour des retrouvailles des trois amis et à travers de ce qui est advenu des uns et des autres parmi lesquels beaucoup, contrairement à Stanislas, Hugo et Bérénice, sont restés au village.

A quoi ressemble, plus d’une décennie plus tard, ce lieu qu’ils ont quitté et vaguement oublié ? La vie a continué ou bien le temps s’est-il arrêté ?

Plutôt qu’une histoire réaliste, Sebastien Betbeder a construit dans un décor qui n’y est pas étranger, un conte, une sorte d’histoire idéale animée d’une grande part d’angélisme. Un angélisme qu’il a voulu limiter en abîmant à peine moins les trois personnages principaux que tous ceux qui gravitent autour d’eux. A trente ans aucun d’eux ne s’est stabilisé. Hugo qui était professeur de lycée a démissionné sans trop savoir si l’écriture à laquelle il veut se consacrer dorénavant est bien la voie qui lui convient. Stanislas est soigné pour une schizophrénie qui a barré la route à ses projets et Bérénice n’a encore trouvé aucun point d’ancrage ni au plan sentimental, ni au plan professionnel. Leurs retrouvailles apporteront elles la solution pour accéder à la stabilité qu’on attend de l’âge adulte ?

Sébastien Betbeder a-t-il couru trop de lièvres à la fois avec, dans son récit, un trop grand nombre de personnages dont il va bientôt confronter les destins en cours à la dimension fantastique de son récit, une option qui conforte l’idée que son film est bien un conte ce qui, du coup, nuit à un réalisme dont il avait fait son miel. Etait-il nécessaire de multiplier les flashes-back qui surlignent les promesses d’amitié éternelle d’Hugo, Stanislas et Bérénice enfants.

Ce surlignage qui s’étend à tout le film devient une faiblesse et quand le fantastique s’invite avec le pouvoir magique d’un météorite, on est heureux de se réfugier dans cette dernière proposition du récit...

Francis Dubois

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