Conseil supérieur de l’éducation

Déclaration du SNES-FSU et de la FSU au CSE du 15 novembre 2018

CSE du 15 novembre 2018
Déclaration du SNES-FSU

Bonjour à toutes et à tous,

Il y avait en grève ce lundi 12 novembre près d’un enseignant du second degré sur deux, n’en déplaise au décompte mensonger du ministère, et à l’interprétation malhonnête de monsieur le ministre à l’Assemblée nationale ce mardi, lequel a estimé que 90 % des professeurs soutenaient la politique éducative du gouvernement. Nous ne reviendrons pas ici sur la méthode de calcul du ministère, qui n’est pas digne de l’institution. Et nous n’épiloguerons pas non plus sur les propos du Ministre, qui n’engagent pas à la confiance.
Nous dirons simplement les personnels sur le terrain font dignement leur travail au service des élèves. Ils sont confrontés à une hausse du nombre d’élèves dans leurs classes, à une détérioration de leurs conditions de travail, leurs rémunérations ne sont pas à la hauteur de leur qualification (moins de 2 000 euros pour une collègue certifiée après plus de 10 années de carrière), les difficultés de leurs métiers ont été mises en évidence à l’occasion de l’agression commise sur notre collègue à Créteil, et le gouvernement répond en amplifiant sa politique de suppression de poste pour la rentrée 2019 (- 2 650 postes) et les suivantes.
A l’ordre du jour de ce CSE, deux textes concernent la réforme du lycée. Nous continuons de demander sa remise à plat pour une autre réforme, et de sursoir à sa mise en œuvre à la rentrée 2019. C’est actuellement la pagaille quant à l’organisation de la classe de Première. Le travail sur les programmes, en particulier en mathématiques et sur les nouveaux enseignements généraux pluridisciplinaires ne peut que nous inquiéter. Nous avons les premiers retours de chantage aux fermetures de postes si les collègues, par exemple, n’acceptent pas de consacrer des semaines de congé à une formation en informatique. Le texte modifiant le poids de l’option LCA au baccalauréat nous étonne : jusqu’où ira le choc de complexification du bac ?
Nous l’avons déjà dit dans cette instance, le rythme des réformes éducatives ne peut pas être celui du bruit médiatique. Il est grand temps de changer de discours, de rythme et de politique pour maintenir un service public d’éducation respectueux des personnels et qui assure à tous les jeunes une formation ambitieuse et l’accès à une qualification reconnue. Il en va de l’avenir de notre modèle éducatif et social.

Déclaration du SNES-FSU au CSE du 15-11-2018

DECLARATION FSU
CSE DU 15 NOVEMBRE 2018

L’ordre du jour, nous amène aujourd’hui à étudier un certain nombre de textes réglementaires présentés pour la DGEFP. Ces décrets doivent préciser la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » publiée le 5 septembre dernier. Cette loi modifie en profondeur le paysage de la formation professionnelle, son pilotage, l’organisation de son financement ainsi que le rôle et la place de partenaire sociaux.
Elle aura sans nul doute un fort impact sur les modalités de formation et notamment sur l’apprentissage dont la loi apporte des modifications majeures… Pour la FSU, cette loi s’apparente à une entreprise de destruction de la Formation Professionnelle. Le gouvernement a choisi de faire table rase de l’existant et de reconstruire l’ensemble du système sur un modèle ultra libéral, qui accroit la mise en concurrence des organismes et des modalités de formation.
Cette réforme va mettre sous tension l’ensemble des acteurs de la formation. Avec la dérégulation de l’offre de formation et le financement aux contrats, la concurrence va se développer entre formation professionnelle initiale sous statut scolaire, apprentissage développé au sein de l’éducation national et apprentissage développé maintenant directement par les branches professionnelles.
Les perdants de cette politique seront les personnels de l’ensemble des organismes de formation mais aussi les usagers et notamment les jeunes peu ou pas qualifiés. Cette réforme va creuser encore plus les inégalités d’accès à la formation, inégalité territoriale et sociale.
Elle n’améliorera pas la qualité de la formation, on le voit aujourd’hui par exemple à travers le décret qui assoupli, encore une fois, les conditions exigées pour être maître d’apprentissage alors qu’il faudrait plutôt renforcer leur formation, la financer et permettre qu’elle soit enfin reconnue … Cette réforme permet une reprise en main par l’État des fonds de la formation professionnelle et organise l’exclusion des partenaire sociaux des dispositifs de décisions. Elle permet aussi de compenser le manque d’investissement passé et futur de l’éducation national dans la formation des jeunes. Et oui, car si aujourd’hui, des centaines de milliers de jeunes sont sans emploi et sans formation, c’est bien de la responsabilité des politiques mises en place depuis plus de dix ans. Les suppressions de postes programmées dans l’éducation pour la rentrée prochaine et les reformes imposées aux lycées et aux lycées professionnels renouent avec ces politiques et entérinent l’abandon de l’objectif d’élévation de niveau de qualification pour tous les jeunes. Les conséquences, on les connaît déjà pour les avoir déjà vécues, creusement des inégalités scolaires et à terme augmentation des sorties sans qualification pour des centaines de milliers de jeunes qui rejoindront les dispositifs de la formation professionnelle continue.
La FSU continuera à rappeler l’importance d’une formation initiale de qualité pour tous les jeunes et contrairement à ce qui est encore fait aujourd’hui, la nécessité d’investir d’avantage dans l’éducation et la formation des jeunes.

Déclaration FSU au CSE du 15 novembre 2018

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