Mouvements spécifiques nationaux

Groupes de travail de proposition d’affectation sur postes spécifiques nationaux 2019

Déclaration liminaire des élu.e.s SNES-FSU

Comme chaque année, les groupes de travail de proposition d’affectation sur postes spécifiques nationaux se tiennent au moment où se prépare la rentrée dans les établissements.

De nombreux établissements ne disposent pas encore de leur dotation horaire pour l’an prochain, l’administration retardant volontairement l’annonce des suppressions de postes. La colère est pourtant sensible. Surtout en lycée où, la réforme se mettant en place, elle révèle son potentiel de désorganisation, d’inégalités et de réduction des enseignements. En collège, la réduction des heures postes et la hausse des effectifs rend difficile une préparation de la rentrée sans de nouvelles dégradations des conditions de travail et d’étude des élèves. Les vies scolaires sont amputées par la réduction des moyens en surveillance, le travail d’orientation au service de tous les élèves est menacé par le nombre insuffisant de personnels et le dévoiement des missions.
Pour tous les collègues, le mépris en haut lieu doit cesser : article 1 de la loi sur l’école de la confiance qui tente de faire taire toute critique, Observatoire des salaires quand la dévalorisation salariale est patente, deuxième heure supplémentaire imposée alors que le temps de travail effectif des professeurs dépasse déjà les 43h, nouveaux programmes contre des avis ultra majoritaires des instances… Cela suffit !
La contestation est large et durable, quoi qu’en dise le ministère qui fait tout pour minimiser l’ampleur des mobilisations. La réalité est tout autre. Les personnels n’en peuvent plus du mépris auquel ils doivent faire face. Après le 17 janvier, après la grève du 24, le SNES-FSU appelle tous les personnels à étendre la mobilisation dans la continuité de ces journées.

Le taux de participation aux élections professionnelles de décembre 2018 est en hausse par rapport à 2014 malgré tous les dysfonctionnements qui ont nécessité des efforts accrus de la part des électeurs pour pouvoir voter. C’est bien le signe que les personnels tiennent à être représentés par leurs pairs dans les instances, comme le prévoit le statut général de la fonction publique. Le gouvernement, qui prévoit de réduire les attributions des commissions paritaires, serait bien avisé d’en tenir compte. Les personnels ont fait la démonstration de leur attachement au paritarisme qui garantit l’égalité de traitement et est un gage contre l’arbitraire.

Cette garantie de l’égalité de traitement et de transparence, dans le cadre du mouvement, c’est le barème. Le rééquilibrage qui lui a été appliqué cette année va dans le sens de nos demandes. Le SNES-FSU renouvelle sa demande que le barème ne soit pas exclu des affectations sur postes spécifiques. En effet, pour le SNES-FSU seuls les enseignements nécessitant une qualification particulière justifient que le poste soit spécifique. Dès lors que la qualification est reconnue par un diplôme ou une certification, l’ensemble des candidats la détenant doivent être départagés au barème.

Les groupes de travail de propositions d’affectation sur postes spécifiques nationaux :

Les candidats ont pu constater des améliorations de SIAM au moment de la saisie des vœux pour le mouvement spécifique. L’administration a su tirer les leçons des cas de candidatures empêchées de ces dernières années et a modifié le processus. Cela va dans le sens de nos demandes : nous tenons à remercier les personnels de l’administration pour avoir apporté ces améliorations.
Nous remercions aussi les services d’avoir non seulement donné accès à la plateforme ACDI en ligne aux élus des personnels, mais aussi de leur avoir fourni les documents papier, qui sont indispensables pour le travail de préparation. Les documents papier permettent à tout le monde de travailler sur les mêmes données. Nous avons en effet encore une fois constaté que les informations mises à notre disposition via ACDI n’étaient pas figées. Afin de permettre aux élus des personnels d’accomplir leur travail, il est indispensable que l’ensemble des élu-es et l’administration utilisent les mêmes données. Le document papier en est une garantie.

Encore une fois, nous déplorons l’absence de profil pour de trop nombreux postes. La note de service précise pourtant : «  Les recteurs et les vice-recteurs établiront la liste des postes vacants en veillant tout particulièrement à décrire très précisément le profil des postes concernés. » Visiblement, l’emploi des caractères gras ne suffit pas à montrer l’importance qu’il y a à avoir un profil clair consultable par tout candidat potentiel. Par quel moyen l’administration centrale compte-t-elle parvenir à ce que les profils de postes soient, à l’avenir, portés à la connaissance des personnels et de leurs élus ? Comment l’Inspection générale peut-elle juger de l’adéquation entre le profil du candidat et celui du poste quand ce dernier n’est pas connu ?

Concernant les avis portés sur les candidats, nous regrettons que, dans certains cas, seul l’avis soit disponible, sans aucune appréciation littérale. Il nous semble important que les appréciations littérales éclairent l’avis général. Nous regrettons toujours que les élus des personnels n’aient accès qu’à la mention « non renseigné » pour les avis portés sur les candidats détachés. Si l’Inspection générale a accès à d’autres avis, nous émettons ici le souhait d’en avoir aussi connaissance. Nous réitérons notre demande que les avis soient portés à la connaissance de l’ensemble des candidats par l’administration. Enfin, concernant les avis, nous tenons à rappeler notre opposition à la prise en compte de l’avis des chefs d’établissement, et notamment du chef d’établissement d’accueil. Certains contredisent les avis d’IPR et c’est la porte ouverte à une forme de clientélisme que nous dénonçons. Ces dernières années, la majorité des inspections générales ne tenaient aucun compte de cet avis. Nous souhaitons qu’il en soit de même cette année.

Nous tenons à dénoncer vivement l’attitude de certains chefs d’établissement qui refusent d’attribuer au professeur le poste spécifique sur lequel il a été régulièrement affecté lors des FPMN. Il n’est pas acceptable qu’un professeur affecté sur poste spécifique se voie finalement affecté sur un poste chaire une fois qu’il est dans l’établissement, le poste spécifique étant réservé à un enseignant qui n’est pas passé par une candidature selon les modalités prévues. Nous souhaitons une intervention de l’administration centrale auprès des services déconcentrés pour que cesse cette entorse au règlement.

Nous avons quelques inquiétudes sur le devenir de certains postes spécifiques nationaux dans le cadre de la réforme du lycée. Nous souhaitons que l’administration s’empare du sujet afin que les personnels qui pourraient être concernés par une suppression de poste spécifique ne deviennent pas des variables d’ajustement de la réforme et soient traités dignement.

Les propositions d’affectation sur postes spécifiques seront validées lors des CAPN et FPMN qui se tiendront entre le 26 février et le 8 mars prochains. Le calendrier des CAPN et FPMN sera sans doute modifié par rapport à ce qui se pratique depuis plusieurs années afin de réunir les nouvelles FPMN instaurées par le décret 2018-683 du 31 juillet 2018. L’administration peut-elle nous donner les dates de convocation de ces FPMN puisqu’elles traiteront des postes spécifiques nationaux pour certains BTS, pour les DDF et pour les CPGE ?

Pour chacun des mouvements spécifiques, nous demanderons que soit proposée une liste complémentaire afin que l’administration puisse pallier tout désistement.
Pour le reste et comme d’habitude, au fil du déroulement de nos travaux, nos élus ne manqueront pas d’interroger sur tel ou tel cas. Nous vous prions de ne voir dans cette démarche que l’expression du dévouement et du souci légitime que nous avons d’être éclairés.

Les élu-es nationaux du SNES-FSU

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