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Un film de Friederike Jehn (Allemagne-Suisse)

"Dehors, c’est l’été" Sortie en salles le 4 septembre 2013

Wanda va avoir 15 ans. Avec sa famille, elle aménage dans une nouvelle ville, dans la banlieue de Munich.

Elle est à l’âge qui la situe à mi-chemin entre l’enfant dont elle a les joues rondes et l’adulte proche dont apparaissent les premiers signes.

Cette "transplantation" survient à un moment où tout autour d’elle, bat de l’aile. Ses parents sont en pleine crise conjugale, son petit frère se mure dans le silence et une anorexie préoccupants. Dans la classe qu’elle intègre, les élèves sont loin de lui faire un accueil chaleureux et le maître-nageur de la piscine, sur qui elle aurait bien jeté son dévolu, préfère aller vers des filles plus délurées.

Dans le premier temps de l’installation, les choses vont vaille que vaille et chacun, laissant de côté l’essentiel, se raccroche à des détails. Jusqu’au père qui se prend d’affection pour un oisillon tombé du nid…

Sur un sujet maintes fois visité, celui de l’adolescente transplantée dans un nouvel environnement, confrontée à la fois à des difficultés d’adaptation et à des difficultés familiales, sur celui de la toute jeune fille qui s’éveille à l’amour, découvre les garçons et tout autour d’elle, des filles de son âge différentes d’elle qui n’ont pas froid aux yeux et à qui tout semble sourire, Friederike Jehn réussit, en faisant avancer son récit par touches successives sensibles, un film qui parvient souvent à renouveler le sujet et à éviter les clichés auxquels il se prête.

L’état de santé de son petit frère, la lente chute vers la dépression de la mère, l’isolement où se réfugie son père sont autant d’éléments qui n’échappent pas au regard et à la sensibilité de Wanda. Elle tente de rester droite et pour éviter les dérapages, anticiper les événements négatifs qui menacent le foyer.

Personnage pivot du film, elle aura, dans l’intervalle, assez grandi pour évaluer la nature des dégâts et pour y remédier à sa façon en faisant preuve d’une soudaine et forte maturité.

C’est elle qui, en dernier recours, va prendre la barre avant que le naufrage ne soit total.

Le film de Friederike Jehn doit beaucoup à la jeune comédienne Maria Dragus déjà remarquée dans "Le ruban blanc" de Michaël Haneke.

Elle compose un personnage qui construit sa résistance sur ses tâtonnements et la difficulté à comprendre un monde sur lequel se lève le voile du regard de l’enfance.

Le titre du film, " Dehors c’est l’été " révèle l’enfermement dans lequel se débattent, à l’intérieur, les membres de cette famille en miettes.

La réalisatrice aurait pu rester dans la narration en demi-teinte jusqu’au bout. Au contraire, dans les derniers moments, elle précipite les choses en faisant éclater la personnalité révélée de Wanda. L’élan de "sauvetage" dont est saisie la jeune fille plonge le récit dans une accélération rédemptrice qui recadre brutalement toutes les situations en suspens.

Cette conclusion qu’on peut trouver un peu hâtive, débouche sur une happy-end opportuniste

qui fragilise ou au contraire consolide cette histoire douloureuse et cruelle.

On sort de ces dernières séquences rassuré sur l’avenir des personnages et un peu interrogateur.

Mais le propos général du film reste fort et efficace.

On pense parfois à " Family life" de Ken Loach.

Francis Dubois

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