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Démission collective de la fonction de professeur principal Kit

Vous trouverez ci-dessous des tracts-argumentaires à destination des collègues et des parents, et au format texte argumentaire, modèle de lettre de démission, tracts en format texte.

tract-démission-PP-collegues
tract-démission-PP-parents

►argumentaire

*alourdissement de la charge de travail, pour une faible rémunération
A tous les niveaux, mais en particulier en Troisième, en Seconde et en Terminale, la mission de professeur principal s’est nettement alourdie depuis plusieurs années déjà. Les réformes successives mettant en place une « orientation active », depuis le début des années 2000, ont débouché sur une multiplication des tâches administratives et une inflation de rencontres, de réunions, d’événements à organiser, d’information à faire circuler etc. Le tout sans qu’il n’y ait jamais eu de revalorisation de l’indemnité spécifique. Démissionner, c’est un geste pour dénoncer cette situation qui est le résultat d’évolutions commencées il y a plusieurs années.

*instrumentalisés pour évincer les PsyEN, seuls spécifiquement formés à « l’orientation »
L’alourdissement de la charge de travail pour les professeurs principaux est la contrepartie de l’éviction progressive des PsyEN (ex Co-Psy), et un outil pour accélérer cette éviction. Le rôle croissant donné aux professeurs principaux doit en effet être mis en lien avec l’insuffisance chronique de PsyEN (voir statistique Cnesco ci-dessous). Continuer à accepter l’alourdissement des tâches du professeur principal, c’est aussi légitimer cette insuffisance chronique. Démissionner, c’est aussi revendiquer le recrutement de PsyEN, c’est-à-dire de professionnels qualifiés pour prendre en charge les processus d’orientation.


Ces données du CNESCO (rapport sur l’orientation, décembre 2018) montrent que, même dans les académies les moins mal dotées, il y a en réalité moins d’un PsyEN (ex Co-Psy) pour 1000 élèves du second degré...(0,85 pour 1000 en Guadeloupe ; 0,2 pour 1000 à Mayotte).

*Professeurs principaux en Troisième et en Seconde : le grand flou cette année, et quel rôle dans le futur ?
Le rôle de professeur principal en Troisième et en Seconde est particulièrement compliqué cette année, du fait de la mise en place de la réforme du lycée. Les professeurs principaux sont laissés dans le flou, en charge de guider les élèves qui sont les cobayes de cette réforme, alors qu’ils n’ont pas les éléments pour leur apporter des réponses fiables. C’est une situation qui ne peut que provoquer du stress et de la souffrance professionnelle pour les personnels concernés. Et ce problème ne sera pas réglé avec l’application de la réforme, bien au contraire : faudra-t-il, chaque année, mentir aux élèves en leur faisant croire que tous les choix sont possibles ? Faudra-t-il les inciter à faire telle ou telle combinaison de spécialités en fonction de leurs résultats ? Et que se passera-t-il si les attendus de l’enseignement supérieur changent d’une année sur l’autre ? Démissionner, c’est refuser la mise en place de la réforme du lycée.

*Professeur principal en Terminale : faire fonctionner Parcoursup ?
Depuis la mise en place de Parcoursup, le rôle de professeur principal en Terminale est devenu particulièrement « sensible ». Outre la masse de travail supplémentaire, ce dispositif demande aux professeurs principaux de prédire le résultat de leurs élèves dans l’enseignement supérieur, pour ainsi permettre la sélection de leurs élèves. Il leur demande d’être des auxiliaires du tri, de contribuer à barrer la route des études supérieures à certains de leurs élèves. Bien sûr, il est possible de contourner cette logique, mais démissionner, c’est aussi dénoncer la mise en place de la sélection à l’université via Parcoursup.

*Démissionner, c’est possible.
La fonction de professeur principal n’est pas une obligation de service. Le décret n°93-55 du 15 janvier 1993 (art. 3-2) sur l’ISOE le précisait déjà, et la circulaire d’octobre de 2018 le rappelle : « au sein des équipes pédagogiques, les professeurs principaux sont désignés par le chef d’établissement, (...) avec l’accord des intéressés ». La fonction de professeur principal est attribuée sous réserve d’acceptation de l’enseignant.e : elle repose sur le volontariat des enseignant.e.s. Donc il est possible de refuser, et il est possible de démissionner. La seule conséquence réglementaire est la suppression de l’ISOE part variable – même si évidemment les chefs d’établissement pourront exercer des pressions morales plus ou moins culpabilisantes.

Montant brut de l’ISOE au 1er septembre 2018 :
Montant brut de l'ISOE au 1er septembre 2018
Le chef d’établissement saisit sur le logiciel ASIE (Aide à la saisie des indemnités en établissement) l’indemnité de professeur principal. Il gère les dates de prise en charge. Il n’y a pas d’effet rétroactif : refuser d’être professeur principal aujourd’hui n’aura pas pour conséquence de se voir retirées les indemnités déjà versées.

Missions du professeur principal : voir l’analyse de la circulaire au BO n°37 du 11 octobre 2018.

►Lettre type

Madame / Monsieur le proviseur,

Nous vous informons par la présente que nous démissionnons à compter de ce jour de notre fonction de professeur principal. Nous n’assurerons donc plus aucune des tâches confiées au professeur principal d’ici la fin de l’année scolaire.

Les missions de professeur principal se sont alourdies depuis de nombreuses années, sans que l’indemnité spécifique ait jamais été revalorisée. La rémunération de l’exercice de ces missions est donc largement insuffisante.

Mais la mise en place de la réforme du lycée, d’une part, et la poursuite du dispositif Parcoursup, d’autre part, sont des éléments de contexte qui ont achevé de nous convaincre de prendre cette décision de démission. Nous ne souhaitons ni faire le travail de nos collègues Psy-EN, ni contribuer à barrer la route des études supérieures à nos élèves, ni participer à la mise en place d’une réforme dont nos élèves sont les cobayes involontaires et dont nous n’avons aucune visibilité sur ses conséquences quant à la poursuite de leurs études dans l’enseignement supérieur, et qui va brutalement dégrader les conditions de travail, pour les élèves et les personnels.

Nous vous prions de croire, Madame / Monsieur le proviseur, en notre sincère attachement au service public d’éducation nationale.

Signataires + « PP classe de …. »

Tracts au format texte modifiable

argumentaire-parents-modifiable
argumentaire-collegues-modifiable

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