Actualité théâtrale

Théâtre 14-Jean-Marie Serreau. jusqu’au 27 octobre 2012

"Démocratie" de Michael Frayn Partenaire Réduc’snes

"Démocratie" de Michael Frayn

Mise en scène de Jean-Claude Idée

Mai 1974, le Chancelier Willy Brandt, l’homme de la réconciliation des deux Allemagne, Prix Nobel de la Paix, donne sa démission.

La raison est qu’on vient de découvrir que l’assistant personnel qu’on lui avait attribué et qui a collaboré à ses côtés pendant quatre ans, Günther Guillaume, était une taupe, un espion de la police de la RDA, la Stasi.

La révélation est d’autant plus difficile à admettre pour le chancelier que des rapports d’amitié s’étaient tissés entre lui et son collaborateur et que cette complicité était, de part et d’autre, vraisemblablement authentique.

La pièce de Michael Frayn repose sur des faits réels, l’affaire Willy Brandt ayant été un des plus grands scandales politiques de l’Histoire contemporaine.

Comment une telle puissance a-t-elle pu se laisser tromper pendant aussi longtemps ? Comment aucun soupçon n’a pu apparaître dans le déroulement quotidien de cette étroite collaboration ?

La mise en scène de Jean-Claude Idée est très sobre, efficace, même si le travail sur les ellipses aurait gagné à être plus rigoureux et si la mise en place de l’amitié qui finit par unir les deux hommes n’est que survolée.

Les seconds rôles sont tenus par des comédiens chevronnés qui s’acquittent de leurs partitions

avec la sobriété qui convient au sujet.

Le problème est que les deux personnages principaux, celui de Willy Brandt et celui de Günther Guillaume, touchent parfois au contre-sens en abondant dans le sens du rire.

Jean-Claude Idée, s’il a voulu de la sobriété, a semble-t-il voulu s’écarter de l’austérité et il a fait de l’espion Guillaume une silhouette de comédie.

Était-ce un homme particulièrement rusé, pour avoir pendant aussi longtemps berné son entourage, auquel cas, l’ambiguïté manque ? Était-ce un homme honnête, naïf et sensible, auquel cas, pourquoi avoir demandé au comédien Alain Eloi qui l’interprète, de sur-jouer, d’aller du côté de la comédie, voire du burlesque ?

Ce parti-pris qui entraîne une interprétation bondissante, agitée et très expressive, en arrive parfois à détourner le propos du texte.

Jean-Pierre Bouvier qui interprète un Willy Brandt amateur de vin rouge et de jolies femmes, s’il est convaincant dans les premiers trois quarts d’heure de la pièce, l’est beaucoup moins dans la déchéance du personnage, dès le moment où il perd pied.

Le public aime les comédies et il va chercher son plaisir de spectateur dans l’immédiateté d’une réplique ou d’une situation sans peut-être trop prendre en considération le fond de la pièce de Michael Frayn qui y dénonce en filigrane les rouages de la machine politique, les manipulations, les atteintes à la vie privée.

Francis Dubois

Théâtre 14 Jean-Marie Serreau, 20 avenue Marc Sangnier 75 014 Paris
thearte14@wanadoo.fr

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 45 49 77

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