Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film d’Andrew Steggal (Royaume-Unis - France)

« Departure » Sortie en salles le 31 mai 2017

Béatrice et son fils Elliot viennent d’Angleterre pour faire un dernier séjour dans la maison de vacances du sud-ouest de la France qui va bientôt être mise en vente.

La rencontre de la mère et du fils avec Vincent, un grand adolescent troublant et mystérieux va bouleverser leur vie en les obligeant, l’un et l’autre, à affronter leurs désirs profonds.

Cinéma : Departure

Dans «  Departure » Andrew Steggal saisit des personnages à un point de fragilité extrême de leur vie.

Béatrice est déboussolée par son divorce et par la vente imminente de cette maison où ils sont venus en vacances pendant les années heureuses. Ces deux échéances surviennent à un moment où la solitude la guette dans un futur livré à de nombreux questionnements.

Elliot est rendu fragile par cet âge charnière, cet âge où dans une confusion intérieure, des choix s’imposent. Il est sans doute également atteint par la vente de la maison, la séparation de ses parents, les premiers pas dans l’inconnu.

Clément dont on découvre qu’il a traversé des périodes difficiles, dissimule à peine la fragilité de ses certitudes étalées derrière une sorte d’assurance farouche.

Les rapports tendus entre les protagonistes contrastent avec le décor, des paysages qui ont conservé leur sérénité et qui accompagnaient chaque été des moments de quiétude et d’harmonie familiale.

Ils sont traités par Andrew Steggal avec beaucoup de délicatesse.

Mais c’est aussi un peu comme si sa caméra commettait une indiscrétion à plonger dans l’intimité de ces personnages dont on pourrait presque penser qu’ils ne voudraient pas que leurs états d’âme, dans un contexte extrême, soient révélés.

Et ceci, parce que précisément, ils se trouvent tous à égalité, à un point charnière de leur existence et que, pour chacun d’entre eux, tout est possible, tout peut arriver...

Elliot découvre-t-il avec son attirance pour Clément une préférence sexuelle définitive ou passagère ou bien les difficultés du moments le fragilisent tant, qu’il saisit au passage le moindre signe d’amitié qui réponde à son désir d’amour.

Chacun des éléments évidents du décor possède une force symbolique avec des arrière-plans freudiens tels la forêt de l’inconscient, l’eau exprimant sexualité et danger et le barrage évoquant la mort, le changement et la renaissance.

Peu de temps avant qu’il n’entame l’écriture du scénario de « Departure » , Andrew Steggal avait assisté à une représentation de « Rusalka » , un opéra de Dvorak dans lequel l’héroïne est une nymphe qui aspire a devenir humaine pour se rapprocher du prince dont elle est tombée amoureuse et être embrassée par lui.

Il souffle un vent mêlant à égalité douceur et cruauté sur ce récit où sont observés de très près et avec une grande sensibilité, des personnages en suspens, comme à la recherche d’eux-mêmes et d’un nouveau sens à leur vie.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Have a nice day »
    Alors qu’une pluie ininterrompue s’abat sur une petite ville du sud de la chine, Ziao Zhang, qui veut offrir les service d’un chirurgien renommé à son amie défigurée au cours d’une première opération... Lire la suite (23 juin)
  • « Jerico, l’envol infini des jours »
    C’est dans le village de Jérico, niché au cœur de la Cordillère des Andes où vivait sa grand mère que Catalina Mesa est allée à la rencontre de femmes qui, face à sa caméra, évoquent leur passé et leur... Lire la suite (23 juin)
  • « Sicilian Ghost story »
    Habitant d’ un village sicilien, Giuseppe, un garçon de 13 ans disparaît subitement. Toutes les éventualités sont envisagées, mais Luna, sa camarade de classe, écarte l’idée d’une disparition... Lire la suite (13 juin)
  • « Filles du feu »
    Elles ont à peine vingt ans et elles affrontent, en guerrières, l’état islamique au Kurdistan syrien. Dans cet endroit du monde où l’homme marche devant et la femme derrière, le fait qu’elles aient... Lire la suite (12 juin)
  • « Désobéissance »
    Ronit est allée vivre à Manhattan où elle est devenue une photographe reconnue. Elle est partie aux États-Unis pour faire carrière mais aussi, et peut-être plus encore, pour prendre de la distance avec... Lire la suite (10 juin)