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Un film de Yojiro Takita (Japon)

"Departures" Sortie en salles le 3 juin

Daigo est violoncelliste. Au moment où il trouve enfin une place stable dans un orchestre, il apprend que celui-ci est sur le point d’être dissout. Contraint de se replier sur un autre emploi dont il n’a aucune idée, il décide d’aller s’installer avec sa jeune épouse dans son village natal où la maison familiale est inoccupée.
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La recherche d’un nouveau travail le conduit à un quiproquo : alors qu’il croyait avoir répondu à l’offre d’une agence de voyages, il se retrouve dans une entreprise de pompes funèbres où le travail, que les circonstances l’obligent à accepter, consiste à préparer les défunts avant la mise en bière.
Cette fonction peu prisée pour laquelle il se trouvera finalement une vraie vocation et que son entourage désavoue dans un premier temps, va finir par transformer sa vie et celle de ses proches…
Au Japon, la préparation des corps des défunts avant la mise en bière consiste, dans certains cas, en un rituel extrêmement précis qui engage le praticien dans un enchaînement de gestes allant bien au-delà de la simple technique et qui donne à la cérémonie une étrange beauté presque chorégraphique. Le préparation du corps qui se déroule en présence des proches du défunt, à force de manipulations savantes et du recours à certains artifices, finit par se parer d’un masque de sérénité.
Le ton général du film est donné dans la première séquence. La défunte qu’on s’apprête à mettre en bière est une jeune fille très belle. Mais au cours de la toilette, Daigo encore novice, découvre que le cadavre n’est pas, malgré les apparences, celui d’une fille mais celui d’un garçon. Le déroulement du cérémonial n’étant pas exactement le même pour les deux sexes, la scène en dépit du contexte, prend une tournure comique quand la famille divisée est amenée trancher sur le choix du sexe du mort.
Cet humour décalé reste respectueux du contexte et du deuil des familles. Il n’entame en rien le cheminement réaliste du récit et le pari est gagné quand on sait que la production voulait faire avec "Departures", un film sur l’univers des pompes funèbres qui soit à la fois amusant et émouvant. L’humour opère par petites touches ou s’invite dans des situations qui ne s’y prêtent pas et c’est ce mélange persistant d’audace et de pudeur qui produit la tonalité originale et la force du film.
Si le déroulement du récit repose presque entièrement sur le personnage de Daigo, à la fois candide et déterminé, il ne néglige aucun des personnages qui viennent s’ajouter au fil des événements. L’employé ou la propriétaire des bains douches, en dépit de leur présence épisodique donnent un tel contour à leur personnage, toujours dans cette double tonalité d’humour et d’émotion, que tout prête à penser que l’histoire générale n’existerait pas sans eux.
Il en est de même du propriétaire de l’entreprise de pompes funèbres, de la secrétaire, de l’épouse de Daigo, chacun occupant un épisode privilégié dans le récit général.
En dépit de ce défilé de corps qui émaillent le film –Le casting des défunts a été particulièrement soigné- et du côté répétitif des cérémonies, "Departures" n’est jamais un film scabreux. Il émane au contraire du récit une poésie légère que vient sans cesse relever un humour naturel.
Ici, le rire ne masque jamais l’émotion et rarement les deux ne sont aussi bien allés ensemble, ne se sont aussi bien complétés.
Francis Dubois

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