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un film de Rabah Ameur-Zaïmeche

" Dernier Maquis" sortie en salles le 22 octobre

En 2001 Rabah Ameur-Zaïmeche, cinéaste autodidacte, obtenait le prix Louis Delluc du meilleur premier film avec « Wesh wesh », tourné en banlieue sur les lieux où il a grandi. En 2006, il réalise « Bled number one » qui raconte le retour au bled de son même personnage. En 2008, il était présent à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs avec son nouveau film « Dernier maquis » . La singularité de son œuvre tient à la fois à son choix de travailler en dehors des réseaux habituels du cinéma et à l’originalité des sujets qu’il aborde.

Au milieu d’une zone industrielle en friche de la banlieue parisienne, Mao dirige un petite équipe de maghrébins et d’africains musulmans répartis en deux équipes. L’une chargée de la réparation de palettes et l’autre de la remise en état de poids lourds…

Des cuves de carburant, un canal, auxquels s’ajoutent des murs de palettes rouges qui bouchent toute perspective, constituent un décor labyrinthique et oppressant.

Dans cet univers où travaillent dans une promiscuité fraternelle des ouvriers étrangers, manœuvres ou mécaniciens, échantillons d’un prolétariat marginalisé, se détachent un chef de village africain et Mao le patron de l’entreprise qui entretient avec ses employés une relation à cheval entre l’autorité ferme et une fraternité basée sur une proximité culturelle et religieuse.

La petite structure isolée, à l’écart de tout processus démocratique, comme ignorée du monde, trouve dans la religion un élément fédérateur, un remède à cette non reconnaissance et à une existence terne.

Dans la droite ligne du paternalisme qu’il dose adroitement, et afin de maintenir un état d’esprit favorable au travail ou de tuer dans l’œuf toute velléité de revendication, Mao décide de construire un lieu de culte où ses hommes pourront faire leurs prières dans des conditions décentes. L’initiative aurait fait l’unanimité de la communauté si le choix de l’imam n’avait pas été du seul fait de Mao. D’une part, cette désignation autoritaire pose la question de l’imanat à l’origine du schisme entre sunnites et chiites mais elle choque les ouvriers qui le ressentent comme la force du pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel.

Mais le problème du choix arbitraire de l’imam passera au second plan et laissera bientôt la place à une préoccupation plus immédiate et plus matérielle : la fermeture du garage et allant avec, le licenciement des salariés qui y travaillaient.

Le "maquis" du titre est-il le dernier lieu de résistance, le refuge dans la foi et dans sa pratique d’une communauté marginale ou bien l’espace boisé qui entoure l’entreprise ?
Ce maquis est peut-être tout à la fois.

La force du film de Rabah Ameur-Zaïmèche est dans la tenue de son sujet, dans la rigueur et la liberté de sa mise en scène, dans une ténacité farouche qui ne se départit jamais d’une inquiétude latente, mais elle est aussi dans des moments de décrochage (le ragondin prisonnier au fond du bassin) qui ne lâchent pas la ligne générale et n’ont bien sûr de la récréation que l’apparence…
Francis Dubois

Ce film nous a été conseillé par l’Agence Cinéma Education qui propose par ailleurs un dossier pédagogique important, téléchargeable sur le site http://www.zerodeconduite.net/ comme ceux des autres films de qualité de leur sélection. P.L.

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