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Un film documentaire de Markus Imhoof (Suisse)

" Des abeilles et des hommes " Sortie en salles le 20 février 2013

Le Professeur Randolf Menzel, neurobiologiste allemand, affirme que l’abeille ne pouvant vivre seule, elle représente dans la ruche ou dans l’essaim un "Super organisme", un gros animal dont les ouvrières constitueraient le corps et les faux-bourdons et la reine, les organes sexuels mâles et femelles.

Chaque colonie d’abeilles est constituée d’environ 50 000 abeilles.

Entre 50 et 90 % de nos abeilles ont disparu en quinze ans. Un constat inquiétant quand on sait que le rôle de l’abeille n’est pas seulement de produire du miel mais d’assurer la fécondation de plus de 80% des espèces végétales.

Sans elles, pas de pollinisation, donc pratiquement plus de fruits et légumes.

Les apiculteurs ont tiré le signal d’alarme face à une épidémie de très grande ampleur qui se propage de ruche en ruche sur toute la planète.

Des scientifiques ont pris le relais.

Einstein ne déclarait-il pas, il y a soixante ans, qu’une relation de dépendance existe entre les abeilles et l’homme et que si l’abeille disparaissait totalement, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre.

Partout, le même scénario : par milliards, les abeilles désertent leurs ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre n’est visible. Aucun prédateur soupçonné.

Arrivée sur la terre 60 millions d’années avant l’homme, "L’Apis mellifera" est aussi nécessaire à notre économie qu’à notre survie.

L’abeille est-elle victime de la pollution de l’air, des insecticides, des pesticides, d’un stress survenu avec l’évolution de nos méthodes de vie, de l’agriculture intensive.

L’abeille meurt-elle ou déserte-t-elle la domesticité. L’espèce, elle-même, a-t-elle évolué ?

Il est urgent de trouver l’origine du mal et d’y remédier.

On a décelé récemment dans le miel, qui était jusque-là un produit parfaitement pur, des traces de pesticides et de poisons divers. L’abeille est-elle devenue incapable, comme elle l’a toujours fait, de filtrer le miel.

Différents spécialistes de l’apiculture interviennent dans le film. Ils apportent leurs témoignages, font part de leurs angoisses, nous font partager leur inquiétude quand une nouvelle colonie d’abeilles disparaît et ils expliquent comment ils font face au paradoxe qui consiste pour eux à travailler à la fois en harmonie avec la nature, mais également contre elle.

Fred Jaggi fait confiance aux méthodes traditionnelles. Il élève uniquement l’abeille de "race noire locale" réputée pour essaimer beaucoup mais qui produit plus de miel. Pour lui, la place des ruches est dans les montagnes.

Pour John Miller qui est la tête d’une vaste exploitation, ses fruitiers sont pollinisés par des abeilles venues d’Australie. Il est un homme d’affaires moins soucieux des règles de l’écologie, que d’étendre encore son exploitation sur des dizaines d’hectares.

Or, il est évident qu’il ne pourra pas maintenir indéfiniment cette croissance. L’économie agricole à grande échelle a bien sûr, plus qu’une autre, besoin des abeilles.

On voit Heidrun Singer extraire à l’aide d’une pince une larve destinée à devenir une ouvrière pour la placer dans une alvéole royale artificielle. Là, les ouvrières la nourriront de la gelée royale et en feront une reine.

Chez les Singer, on est apiculteur depuis plusieurs générations. Leur race d’abeilles est le résultat de plusieurs siècles d’un élevage rigoureux. Leurs reines sont demandées dans le monde entier.

Que ce soit pour l’apiculteur passionné par son travail d’éleveur, capable d’entrer dans l’intimité de chacune de ses ruches et d’y détecter la moindre anomalie ou pour le propriétaire de vergers à perte de vue, soucieux de rentabilité, pour qui l’abeille n’est qu’un outil-relais, la disparition des butineuses, la désertion des ruches, posent un grave problème économique et de survie

Francis Dubois

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