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Un film de Nassim Amaouche (France)

"Des apaches" Sortie en salles le 22 juillet 2015

Le jour des obsèques de sa mère, Samir croise un homme inconnu : son père. Alors qu’ils n’avaient jamais eu le moindre contact, celui-ci le sollicite à l’occasion d’une vente pour laquelle il a besoin de son aval. Samir répond sans enthousiasme à la demande de son père. Il se retrouve alors plongé au sein de la communauté kabyle de Belleville, de ses traditions, de ses pratiques claniques. Ces retrouvailles avec une famille longtemps restée absente le bouleversent et font ressurgir un passé dont il doit s’affranchir.

Le gamin qui apparaît dans la première partie du récit est sans doute une vision possible de Samir enfant, vivant seul aux côtés d’une mère aimante qui est, elle-même, la réplique physique de la jeune femme que Samir va croiser et pour qui il aura un coup de foudre. Nassim Amaouche prend le risque de brouiller les pistes, de donner à son récit des airs de quotidien ordinaire tout en l’émaillant d’une touche de fantastique, d’un lyrisme habilement contenu.

Les différents segments qui structurent le film de Nassim Amaouche sont contrastés, tant par les atmosphères que par leur contenu narratif. Leur enchaînement fonctionne selon des lignes floues et les articulations qui les commandent ne correspondent pas à des ruptures de ton mais à des sortes de glissements successifs d’un genre cinématographique à une autre.
culture/cinéma Car "Des Apaches" est un film tendre, un film doux dont la fluidité tient tant à la douceur de l’image, à la poésie des rencontres, qu’à la personnalité de Samir, qu’à celle de Jeanne, jeune femme incertaine à qui Laetitia Casta prête sa grâce et un mélange subtil de force et de fragilité.
La ligne floue qui dessine les personnages, encadre les situations, déclenche les rencontres, conduit à une sorte de balancement du récit duquel se dégage une impression de calme et de sérénité.
Les séquences bellevilloises, à l’inverse de la plupart de celles qui isolent Samir, Jeanne ou l’enfant, en solitaire ou en duos, sont des moments de réalisme fort qui dévoilent l’existence d’un monde âpre, régi par des juridictions parallèles.
Cette mixité narrative donne toute sa saveur, tout son relief au récit global et fait du film de Nassim Amaouche, une œuvre très personnelle, singulière, à laquelle nous avait préparé son film précédent, "Adieu Gary" sorti en 2009, salué à sa sortie par la critique et qui connut une certaine reconnaissance en salle.

Il faudrait que le mouvement récent du public vers des réalisations exigeantes comme "La loi du marché" de Stéphane Brizé ou "La tête haute" d’Emmanuelle Bercot, s’étende et donne aussi des chances à des films de qualité comme "Un combat ordinaire" ou " Des Apaches" deux œuvres
proches et qui apportent un renouveau au cinéma français…
Francis Dubois

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